Entrepreneur confiant regardant au loin.
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Même si la pandémie de COVID-19 est loin d’être derrière nous, les dirigeants d’entreprises canadiennes reprennent confiance en l’économie canadienne.

Selon le rapport mondial de suivi Perspectives des chefs de la direction de KPMG, leur niveau de confiance a bondi à 81 % alors qu’il se situait à 48 % il y a six mois seulement. Un résultat compréhensible considérant qu’ils s’employaient alors à s’adapter aux impacts de la pandémie, notamment à la mise en place des mesures sanitaires, au déploiement d’outils technologiques pour faciliter la communication avec leurs employés et leurs clients ou encore à faire face aux interruptions de la chaîne d’approvisionnement.

« Cette crise a mis en évidence la résilience et l’ingéniosité extraordinaires du monde des affaires, affirme Elio Luongo, président et associé principal, KPMG au Canada. Bien que l’économie n’ait pas encore retrouvé sa vitesse de croisière, les récents rapports sur la croissance de l’emploi et du PIB indiquent qu’un redressement complet pourrait survenir plus tôt que prévu. Ce serait notamment une bonne nouvelle pour les propriétaires de petites et moyennes entreprises qui ont été le plus durement touchés. »

Les dirigeants canadiens se disent aussi confiants en ce qui a trait aux perspectives de croissance sur trois ans des entreprises (86 % par rapport à 84 % il y a six mois). Ils prévoient une croissance annuelle de 2,5 %.

Toutefois, près de la moitié de sondés (43 %) affirment que la pandémie a « changé à jamais » leur entreprise (contre 22 % à l’échelle mondiale). Un grand nombre d’entre eux adoptent des options de travail flexibles et près des deux tiers continuent de favoriser l’utilisation d’outils de collaboration et de communication numériques.

Ils émettent également des doutes quant à l’avenir de l’économie mondiale, un sentiment partagé par leurs homologues étrangers. Leur niveau de confiance a chuté à 42 % contre 68 % en janvier 2020.

CE QUI LES EMPÊCHE DE DORMIR 

Les changements climatiques sont toujours au cœur des préoccupations des chefs d’entreprise canadiens. Pour eux, il s’agit du « plus grand risque » pour la croissance de leur entreprise au cours des trois prochaines années.

La vaste majorité des dirigeants tant à l’échelle mondiale (89 %) qu’au Canada (90 %) cherchent d’ailleurs à préserver les gains réalisés pendant la pandémie sur le front de la durabilité et de la lutte aux changements climatiques.

Par ailleurs, près de la moitié (48 %) des dirigeants tous pays confondus et plus de deux chefs d’entreprise canadiens sur cinq ont déclaré que le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris les inciterait à mettre en œuvre des pratiques ESG plus strictes.

Parmi les autres menaces à la croissance des entreprises, les entrepreneurs canadiens identifient aussi la cybersécurité, les technologies émergentes et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

SENSIBILITÉ ACCRUE AUX CRITÈRES SOCIAUX

Le sondage révèle également que la pandémie incite les dirigeants canadiens à se concentrer davantage sur l’aspect « social » des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) de leur entreprise.

Six mois plus tôt, moins des deux tiers (64 %) mettaient l’accent sur la composante « S » des critères ESG et seulement 60 % définissaient leur réponse à la pandémie auprès des employés, des clients, des fournisseurs, des investisseurs et du grand public en fonction d’un objet social. Cette hausse reflète une tendance mondiale.

D’autres résultats intéressants du sondage mené auprès des chefs d’entreprise canadiens montrent que :

  • 48 % sont d’avis que la majorité des employés continueront à travailler à distance de deux à trois jours par semaine après la pandémie (29 % à l’échelle mondiale).
  • 62 % continueront de miser sur l’utilisation d’outils numériques de collaboration et de communication bien au-delà de la pandémie (61 % à l’échelle mondiale).
  • 76 % utiliseront des plateformes virtuelles (robots de clavardage, médias sociaux, téléphone, site Web, etc.) pour communiquer avec leurs clients et répondre à leurs questions (58 % à l’échelle mondiale).