Nuages de fumées toxiques produites par le secteur de l'énergie.
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Le gouvernement, la banque centrale et les autorités de réglementation des valeurs mobilières sont appelés à prendre des mesures pour obliger les entreprises à être plus transparentes quant aux dispositions qu’elles prennent pour s’adapter aux changements climatiques.

Les informations actuellement publiées par les entreprises, en général, et les institutions financières, en particulier, sont considérées comme relativement faibles par les investisseurs mondiaux – et le Canada ne fait pas exception à la règle, peut-on lire dans un nouveau rapport publié par l’Institut international du développement durable (IIDD).

Le groupe de réflexion, dont le quartier général se trouve à Winnipeg, demande ainsi au gouvernement fédéral, à la Banque du Canada (BdC) et aux autorités fédérales et provinciales de réglementation des valeurs mobilières de prendre des mesures pour renforcer les obligations de divulgation.

« Le risque climatique, qu’il s’agisse de la nécessité de s’adapter aux risques matériels des changements climatiques ou de trouver de nouveaux modèles commerciaux pour tendre vers une économie mondiale sobre en carbone, n’est pas pleinement pris en compte dans la planification d’entreprise, indique le rapport. Du moins, les gestes posés ne sont pas adéquatement communiqués aux investisseurs. Cela comporte des risques sur les marchés de capitaux. »

7 recommandations

Les auteurs du rapport recommandent la mise en place d’un plan sur trois ans. Ils souhaitent que :

  • le gouvernement fédéral modifie la loi sur les sociétés afin d’exiger certaines informations relatives au climat dans les rapports annuels;
  • les Autorités canadiennes en valeurs mobilières fasse l’examen de leurs pratiques de surveillance en matière de divulgation d’informations financières liées au climat;
  • l’actuaire en chef du Bureau du surintendant des institutions financières rende compte des risques liés au climat qui pèsent sur le financement du Régime de pensions du Canada;
  • la BdC s’attache à clarifier l’importance de la divulgation des risques liés au climat dans la Revue du système financier de 2019 ;
  • la Bourse de Toronto se joigne à l’Initiative sur les bourses durables de l’ONU;
  • Ressources naturelles Canada propose une législation exigeant des sociétés du secteur de l’énergie des rapports réguliers sur l’évaluation et l’atténuation des risques liés au climat;
  • Environnement et Changement climatique Canada propose de légiférer pour que tous les organismes publics fédéraux fassent régulièrement un rapport sur les efforts déployés pour gérer les risques matériels liés au climat.

« Les investisseurs mondiaux souhaitent la divulgation des plans de transition énergétique », affirme Céline Bak, associée principale à l’IIDD et auteure du rapport, dans un communiqué. « Lorsque cela n’est pas fait, ils présument que les objectifs ne sont pas suffisants et que les capitaux alloués pour les atteindre ne sont pas à la hauteur. C’est un risque pour le secteur financier canadien, compte tenu notamment des investissements importants dans le secteur de l’énergie. »

Le rapport souligne qu’en tant que pays producteur de pétrole, la finance responsable présente des occasions et des défis très réels pour le Canada. Et qu’il faudra que les institutions, les autorités de surveillance des marchés et les acteurs du secteur privé s’engagent de manière proactive pour faire face aux défis particuliers auxquels le pays est confronté.