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L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,7 % en juin par rapport au même mois l’an dernier, mettant fin à une vague d’inflation négative qui a commencé en avril, dans la foulée de la pandémie de COVID-19, a indiqué mercredi Statistique Canada.

L’indice des prix avait enregistré deux mois de lectures négatives avant juin, d’abord avec une baisse annualisée de 0,2 % en avril, puis une autre de 0,4 % en mai.

Les économistes s’attendaient en moyenne à une inflation de 0,3 % pour le mois de juin, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Le revirement de mai à juin représentait l’accélération la plus rapide de l’inflation d’ensemble depuis mars 2011.

DES PRIX À LA HAUSSE

L’augmentation a notamment été alimentée par la hausse des prix des vêtements et des chaussures, après deux mois de baisse attribuables à la fermeture des magasins physiques pour ralentir la pandémie de COVID-19.

Les prix de l’essence ont légèrement augmenté alors que davantage de personnes ont emprunté la route après la réouverture graduelle des entreprises et des services publics, et ce que l’agence fédérale a appelé une « hausse généralisée des déplacements locaux » en juin.

Selon Statistique Canada, en excluant l’essence, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1,2 % en juin.

L’augmentation de l’activité commerciale dans tout le pays, alors que les restrictions se sont assouplies, a entraîné un rebond des prix, a expliqué Royce Mendes, économiste principal à la Banque CIBC. Dans une note, il a souligné que l’inflation devrait rester en territoire positif alors que l’économie continue de rouvrir.

« Si les craintes de déflation semblent prématurées à ce stade, l’économie ne générera probablement qu’une modeste inflation, malgré certaines perturbations de la chaîne d’approvisionnement », a-t-il écrit.

La Banque du Canada a prédit la semaine dernière que l’inflation annuelle serait de 0,6 % cette année et a promis de maintenir son taux d’intérêt directeur à sa limite inférieure effective de 0,25 % jusqu’à ce que l’inflation atteigne sa cible de 2,0 %.

L’indice du coût de l’intérêt hypothécaire a chuté pour le deuxième mois consécutif, cette fois de 0,3 %, en partie en raison de la baisse du rendement des obligations et de la baisse rapide des taux de la banque centrale en mars, a expliqué Statistique Canada.

La plus forte hausse des prix par rapport à juin 2019 a été observée en Alberta, où les prix des produits de base ont chuté alors que le gouvernement provincial a éliminé une taxe sur le carbone. La plus faible croissance des prix d’une année à l’autre a été celle des provinces de l’Atlantique, qui a été freinée par la faiblesse des prix du mazout de chauffage, plus couramment utilisé dans cette région.

En Ontario, les prix de l’électricité ont augmenté de 17,2 % d’un mois à l’autre, ce qui était leur plus forte augmentation mensuelle depuis mai 2003, selon Statistique Canada. L’agence a attribué le changement à la hausse des prix du 1er juin dans la province, après que le gouvernement Ford a réduit les frais en mars, les gens ayant reçu l’ordre de rester à la maison pour ralentir la propagation du COVID-19.

Les changements dans le comportement des consommateurs ont eu un effet sur l’inflation d’ensemble, qui, selon Statistique Canada, aurait montré des lectures annualisées de 0,0 % en avril et de -0,1 % si elle reflétait mieux les dépenses liées à la pandémie.