Couple d'aînés au guichet automatique
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Quelle proportion de son épargne un retraité peut-il dépenser chaque année tout en s’assurant de ne jamais manquer de fonds? Il y a 25 ans, un conseiller du sud de la Californie répondait à cette question en créant la « règle du 4 % ». Voici qu’il vient de la modifier… un peu.

C’est dans le cadre d’un article publié en 1994 dans le Journal of Financial Planning que Bill Bengen a proposé la règle du 4 %. Selon lui, un retraité pouvait dépenser un maximum de 4 % de son épargne la première année de sa retraite, puis ajuster annuellement ce montant en fonction de l’inflation. Cette règle, qu’il appelait « Safemax », lui permettrait de faire durer son pécule jusqu’à sa mort.

UNE PROJECTION CONSERVATRICE

Sans surprise, cette règle a eu autant de défenseurs que de détracteurs. M. Bengen, lui, croit surtout qu’elle a été élevée par certains au rang de loi absolue, alors qu’il ne s’agissait pour lui que d’une « règle de pouce ». En 2006, il avait d’ailleurs lui-même proposé d’augmenter cette proportion à 4,5 %. 

Il faut dire que sa première projection était basée sur des gens qui avaient pris leur retraite à un très mauvais moment, soit en octobre 1968. Les marchés boursiers étaient à leur sommet, les actions coûtaient très cher et une période de très forte inflation s’amorçait. Les marchés financiers ont été poussifs pendant 14 ans par la suite, alors que l’inflation a explosé. Dans ce contexte, la règle du 4 % prenait tout son sens.

Dans d’autres périodes, par exemple quand l’inflation est basse et que les actions et les obligations sont bon marché, un retraité peut retirer beaucoup plus. Selon M. Bengen lui-même, la moyenne pour rester en sécurité s’élève généralement à 7 % de dépenses la première année, mais on peut aller jusqu’à 13 % à d’autres moments. 

QUE FAIRE PRÉSENTEMENT ?

Que conseille-t-il aux gens qui prennent leur retraite dans l’environnement actuel ? De ne pas dépasser 5 % de dépenses la première année. La règle du 4 % devient donc la règle du 5 %.

En raison du fort prix des actions et des obligations présentement, certains trouveront ce niveau de dépense un peu trop élevé. Mais il le justifie par la très faible inflation, un critère encore plus important que le prix des produits financiers, selon lui. En effet, si la valeur des actions et des obligations peut varier, l’inflation recule très rarement. Une fois que les prix ont augmenté, ils restent à ce niveau. C’est le principal ennemi des retraités. 

Loin d’être intransigeant, M. Bengen rappelle toutefois que la règle du 5 %, comme celle du 4 % avant elle, ne constitue pas une vérité absolue. « Ce n’est pas une loi de la nature », souligne-t-il dans un article de Marketwatch. Le montant peut varier en fonction de la situation des retraités. L’important est simplement de bien analyser le contexte dans lequel on se trouve, afin de réduire les risques de manquer d’argent en cours de retraite.