Une femme faisant des boîtes dans un magasin de vêtements.
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La pandémie continue de menacer la survie des petites et moyennes entreprises. Au Canada, un propriétaire de PME sur six envisage sérieusement de fermer les portes de son entreprise, ce qui pourrait mettre en jeu plus de 2,4 millions d’emplois, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

L’organisme a procédé à une mise à jour de son analyse sur les fermetures d’entreprises publiée l’été dernier. À l’époque, ses estimations indiquaient que 158 000 entreprises, soit une sur sept, risquaient de faire faillite en raison de la pandémie.

Si l’on ajoute à cette estimation les 58 000 entreprises qui sont devenues inactives en 2020, cela voudrait dire qu’une entreprise sur cinq risque de disparaître d’ici la fin de la pandémie.

« Il est encore possible que les plans des chefs de PME changent si les choses s’améliorent, mais c’est alarmant de voir qu’ils sont aujourd’hui plus nombreux à envisager de fermer pour de bon leur entreprise que lors de notre première évaluation réalisée l’été dernier », affirme Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI.

« Plus il y aura de fermetures d’entreprises, plus cela entraînera des pertes d’emplois, et plus la relance économique sera ardue », ajoute-t-il.

SITUATION PRÉCAIRE

 Les nombreuses restrictions imposées pour lutter contre la propagation du virus de la COVID-19 affectent grandement les activités des entreprises indépendantes rendant leur situation de plus en plus précaire. À l’heure actuelle, seulement 47 % des PME sont complètement ouvertes (contre 62 % à la fin novembre), 36 % ont tous leurs employés (41 % à la fin novembre) et 22 % ont retrouvé ou dépassé leur niveau de ventes habituel (29 % à la fin novembre).

Au Québec, 44 % des entreprises sont complètement ouvertes, 33 % ont tous leurs employés et 25 % enregistrent des ventes normales.

Sans surprise, ce sont les entreprises des secteurs de l’hébergement et de la restauration de même que celles des domaines des arts et des loisirs qui sont les plus à risque. Dans ces deux secteurs, à peu près une entreprise sur trois envisage sérieusement de mettre la clé sous la porte.

AIDE ADDITIONNELLE POUR LES PME DE MONTRÉAL

 La Ville de Montréal est passée à l’action pour offrir un soutien supplémentaire aux PME de la métropole. Elle a bonifié son Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises en lui octroyant une somme additionnelle de 50 millions de dollars (M$).

En 2020, elle avait déjà reçu 70 M$ dans le cadre du programme d’Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME), volet Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), du gouvernement du Québec. En raison des besoins grandissants, ce fonds était pratiquement épuisé à la fin de l’année.

C’est le réseau PME MTL qui veillera à la gestion et à l’octroi des aides financières aux entreprises. Celles qui sont forcées de fermer temporairement pourront recevoir jusqu’à 50 000 $ sous forme de prêt, rehaussant le plafond de l’aide d’urgence aux PME à 150 000 $. Le moratoire sur le remboursement du capital et des intérêts pourrait être prolongé à sept mois plutôt que trois.

« Avec le deuxième confinement, nos entreprises ont besoin de ce coup de main financier prolongé. Ces sommes leur permettront d’avoir accès rapidement à des liquidités, un des éléments critiques pour assurer la survie de nombreuses entreprises », explique Luc Rabouin, responsable du développement économique et commercial et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal.