Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
Photo : Mykhaylo Palinchak / 123RF

On revient sur les promesses de campagne auxquelles le gouvernement Trudeau doit maintenant donner suite, avec Debbie Pearl-Weinberg, directrice générale, planification fiscale et successorale, planification financière et conseils à la CIBC.

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« Bien sûr, il faut garder à l’esprit que le nouveau gouvernement libéral est minoritaire, et la mise en œuvre des changements annoncés est donc moins assurée qu’avec un gouvernement majoritaire », prévient-elle d’emblée.

« Pour les entreprises, il n’y avait pas beaucoup de choses dans le programme libéral en comparaison avec celui des conservateurs, à l’exception du secteur des technologies propres, qui devrait profiter d’une baisse sur l’impôt des sociétés, quelle que soit leur taille », dit Debbie Pearl-Weinberg.

Pour la fiscalité des particuliers en revanche, le programme libéral a multiplié les promesses.

Tout d’abord, le montant personnel de base des Canadiens (ligne 300), actuellement ajusté à l’inflation et établi à 12 069 $ pour 2019, devrait augmenter de 15 % sur quatre ans pour atteindre 15 000 $. Cependant, les tranches d’imposition les plus élevées n’en profiteront pas autant que le reste des Canadiens. Ceux qui gagnent plus de 210 371 $ devront se contenter du montant actuel ajusté pour l’inflation.

Pour le reste, les promesses concernent certains groupes spécifiques.

« Les aînés de plus de 75 ans verront leur pension de Sécurité de vieillesse augmenter de 10 % à partir de cet âge, soit jusqu’à 729 $ par an selon les libéraux, à partir de juillet 2020. La hausse la plus forte sera pour ceux qui gagnent moins de 77 500 $ par an », dit Debbie Pearl-Weinberg.

« Pour ceux qui perdent leur époux ou conjoint de fait, les Prestations de survivant du Régime de pension du Canada, actuellement établies à 60 % du montant de la personne décéde, devraient croître de 25 % pour un maximum de 2 080 $ par an », ajoute-t-elle.

« Pour les jeunes parents, les libéraux ont dit vouloir exempter d’impôt les prestations de maternité et parentales d’assurance-emploi à partir de 2020. Le montant net du bénéficiaire devrait croître de 1 800 $ par an pour une personne gagnant environ 45 000 $, selon leurs calculs », dit Debbie Pearl-Weinberg.

Les parents adoptifs se sont eux aussi vu promettre des changements dans les prestations d’assurance-emploi : les libéraux ont évoqué un congé de 15 semaines pour ceux qui adoptent un enfant.

Les parents de jeunes enfants de moins d’un an pourraient quant à eux voir leur Allocation canadienne pour enfants croître de 15 %, selon le programme libéral. Cela se traduirait par une hausse de 1 000 $ à compter de juillet 2020, pour une allocation de base de 7 750 $.

La Prestation pour enfants handicapés, destinée aux parents d’enfants admissibles de moins de 15 ans, devrait être augmentée. L’aide additionnelle représenterait plus de 2 800 $ pour un total de 5 664 $ annuellement.

« Les libéraux ont aussi abordé les enjeux du marché immobilier. Ils veulent proposer une taxe sur les logements vacants qui appartiennent à des étrangers non résidents. Le but est de lutter contre la spéculation immobilière. Ils ont aussi parlé de renforcer la lutte contre les crimes financiers en immobilier, avec la collaboration de différents intervenants incluant non seulement les autorités policières mais aussi fiscales », note Debbie Pearl-Weinberg.

Enfin, l’experte rappelle les mesures entreprises par le dernier gouvernement libéral qui devraient être poursuivies par le nouveau : l’Allocation canadienne pour la formation, qui s’appliquerait dès 2020 aux frais de formation admissibles, et le Crédit d’impôt pour abonnement aux nouvelles numériques, une mesure temporaire qui devrait s’appliquer à un maximum de 75 $ d’abonnements admissibles dès 2020.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.