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Un récent reportage diffusé par la chaîne Arte ternit la réputation de la société spécialisée dans la gestion d’actif BlackRock. Le reproche principal de Tom Ockers, le réalisateur, est la taille de cette société, qui a réussi à accumuler 6 000 milliards de dollars en actif sous gestion grâce à des outils de placements comme les fonds négociés en Bourse (FNB). Le réalisateur estime que cela aurait contribué au développement d’une bulle financière depuis 2009.

Depuis sa création en 1988 par Larry Fink, BlackRock est devenue très influente. Sa taille a augmenté de manière exponentielle, à tel point que certains craignent les conséquences systémiques que pourraient avoir un abandon massif des FNB et le pouvoir anticoncurrentiel que cette société pourrait s’être accaparé. Ce géant de la gestion d’actif compte ainsi parmi ses clients des entreprises multinationales, des institutions financières et des fonds d’investissement ou de pension.

Grâce à tout cet argent, BlackRock détient des parts dans de multiples entreprises bien connues comme Apple, Microsoft, Facebook et McDonald’s. Grâce à ses investissements, la société voterait « aux assemblées générales de 17 000 grandes sociétés du monde entier et influence donc leurs stratégies », selon le reportage.

En plus d’investir dans les entreprises les mieux cotées du monde, le gestionnaire serait également en relation avec des gouverneurs de banques centrales, des ministres des finances et même des chefs d’État, à qui il prodiguerait de précieux conseils, selon le reportage.

L’enquête de Tom Ockers critique ce trop-plein de pouvoirs et met même en doute les déclarations de BlackRock et Larry Fink en matière de responsabilité sociale des entreprises.

IMPOSTURE OU BELLES VALEURS ÉTHIQUES?

Les fonds indiciels comme les FNB, qui ont fait la richesse de BlackRock, ont permis une diversification des risques et contribué à réduire les frais de gestion payés par les épargnants.

En plus de contraindre les gestionnaires d’actif traditionnels à baisser leurs tarifs grâce aux produits proposés par sa société, Larry Fink prend parfois position en matière de gouvernement d’entreprise. Au début de l’année, il a par exemple publié une lettre destinée à ses pairs, chef de direction, où il soutenait que les entreprises devraient avoir une raison d’être collective au-delà des profits, relève un récent article du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC).

Cependant, le reportage affirme que BlackRock jouerait sur tous les tableaux. Elle détient ainsi des parts dans des entreprises comme Rheinmetall, une société d’armement, ou la pétrolière Shell. Du côté des clients, on trouve pourtant le fonds souverain norvégien, connu pour ses positions pro-environnementales.

Selon le réalisateur du reportage, le seul critère que BlackRock prend en compte pour décider ou non de soutenir la politique commerciale d’une entreprise c’est « l’intérêt à long terme des actionnaires ». Sa promotion des responsabilités sociales des entreprises serait ainsi séparée de ses décisions de gestion et de placement.