En présentant son budget provincial 2018, le ministre des Finances Carlos Leitao n’applique que la « même bonne vieille recette du robinet des dépenses grand ouvert à quelques mois des élections », estime le chroniqueur Gérard Fillion.

« Les millions et les milliards pleuvent, les cadeaux, les bonbons… tout à coup, tout est possible », a-t-il commenté sur le site de Radio-Canada.

M. Fillion estime que l’attitude du ministre est incohérente. Selon lui, il est impossible que les contribuables comprennent l’état réel des finances publiques quand de telles hausses des dépenses succèdent aux discours alarmistes d’il y a deux ans.

« Pourquoi en 2015-16, Québec a-t-il dû limiter ses dépenses de missions à 1,1 % pour les faire grimper de 6,5 % en 2017-18 et de 4,7 % pour 2018-19, selon la prévision budgétaire? Il est là, mon étonnement », écrit-il, remettant en question la logique de ces annonces.

Selon lui, les gouvernements ont l’habitude d’offrir de telles nouvelles positives avant les élections. Le journaliste évoque ainsi « un discours mielleux », « un vieux film » que l’on repasserait chaque année et se demande pourquoi on assiste à ce « gros party » à quelques mois des élections.

DES ANNONCES CIBLÉES

Il parle également d’« une pluie d’annonces ciblées dans le budget 2018-19 » pour plusieurs segments précis de la population comme « les familles, les aînés, les aidants, les PME, la santé, l’éducation, la culture, les travailleurs expérimentés, les chauffeurs de taxi, les nouveaux acheteurs de maisons, les gens qui veulent rénover leurs propriétés, les acheteurs de voitures électriques, les régions, les environnementalistes. »

« Dites-moi, ça marche encore? Il y a encore un effet dans la population? poursuit-il. Vous rappelez-vous les multiples annonces de la première ministre Pauline Marois fin 2013, début 2014, juste avant l’élection d’avril 2014? Vous rappelez-vous aussi la baisse d’impôt de 950 millions de dollars de Jean Charest, en 2007, en route vers une autre élection? »

Enfin, il s’étonne aussi de savoir que le ministre des Finances Carlos Leitao promet de revenir à une gestion plus serrée des finances publiques après l’élection.

« En entrevue à RDI économie, mercredi, il a dit : « Dans les années subséquentes, donc 2019, 2020, 2021, la croissance des dépenses va ralentir. On ne demeure pas à 5 % par année », commente M. Fillion, avant de conclure : « Ainsi, suivez la balle ici, la croissance des dépenses de missions est passée de 1,1 % en 2015-16 à 6,5 % en 2017-18 et retombera à 2,8 % en 2019-20. »

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