La réunion des membres de l’OPEP en fin de semaine à Vienne a débouché sur des décisions positives pour le secteur de l’énergie, juge Brian See, vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole se sont entendus sur deux points importants : s’engager à une conformité de 100 % aux plafonds de production décidés en 2016, et augmenter leur production d’un million de barils par jour.

« Depuis un an et demi, les réductions dans la production des membres de l’OPEP ont atteint 150 %, soit 2,7 millions de barils au lieu de 1,8 million de barils par jour. Cela est dû à des pays comme le Venezuela dont les capacités s’affaiblissent rapidement, et à un manque d’investissements dans d’autres pays qui voient ainsi leurs champs pétroliers décliner. Les inventaires de brut, qui étaient récemment à des sommets historiques, sont ainsi descendus sous la barre de leurs moyennes sur cinq ans », dit Brian See.

En conséquence, et aussi en raison de la demande, Les prix du baril de pétrole sont passés d’un peu plus de 30 USD à 75 ou même 80 USD, note l’expert. Il estime qu’ils vont désormais osciller entre 60 et 70 USD pour le reste de l’année.

« C’était nécessaire afin de rééquilibrer le marché, mais d’un autre côté, des prix plus élevés risquent de créer des turbulences du côté de la demande. On commence à observer ce phénomène parmi les consommateurs chinois, indiens et américains aussi », note Brian See.

D’où la décision de l’OPEP d’ajouter un million de barils par jour sur le marché.

« Nous nous attendions à 600 000 ou 700 000, parce que certains membres de l’OPEP n’ont pas les capacités pour soutenir une plus forte hausse de production. Seuls ses joueurs clés peuvent le faire, comme la Russie, le Koweit, les Émirats Arabes Unis, et bien sûr l’Arabie Saoudite, qui a les plus importantes capacités », note l’expert.

Brian See se dit satisfait de cette décision, qui sera « positive pour le secteur de l’énergie, car elle maintient les réductions de production tout en rééquilibrant le marché à long terme ».

Restent quelques nuages géopolitiques. Depuis le retrait des Américains de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, les Européens commencent à « chercher leur brut ailleurs », dit Brian See. Il y a aussi le Venezuela, qui continue de sombrer dans le chaos social, économique et politique et voit sa production de pétrole chuter en conséquence. L’expert cite le Nigeria et la Lybie, qui sont secoués par des attaques violentes. Et le Mexique, qui a vu sa production baisser mais pourrait renverser la tendance après les élections à venir.

« Enfin, il y a le gorille de tous : les États-Unis, qui produisent aujourd’hui 10 millions de barils par jour et continuent d’augmenter leur production », note Brian See.

Plusieurs champs pétroliers nord-américains font cependant face à des contraintes de transport en raison d’un manque de capacité des pipelines, comme c’est le cas au Canada et dans le bassin permien. Mais cette situation « devrait s’améliorer dans la seconde moitié de 2019 », entrevoit l’expert sans pour autant donner plus de détails.

Dans ce contexte, Brian See favorise les placements dans les entreprises d’exploration et de production. « À ce niveau de prix pour le pétrole, ces entreprises peuvent exécuter leurs plans d’affaires de façon confortable. De plus, elles tendent à prendre des décisions favorables aux actionnaires, telles que des réductions de dette, des rachats d’action et des hausses de dividendes. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.