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Certaines grandes associations de traders souhaitent réduire les horaires de travail dans les grandes places boursières européennes, rapporte l’Agence France-Presse.

Dans une note détaillée adressée jeudi au propriétaire de la Bourse de Londres (London Stock Exchange, ou LSE) ainsi qu’aux neuf principaux opérateurs européens, l’Association pour les marchés financiers en Europe (Association for Financial Markets in Europe, AFME) et d’influents gérants d’actifs britanniques, représentés par l’Association pour l’investissement (Investment Association, IA), préconisent de diminuer leur temps de travail de 90 minutes par jour.

Concrètement, ils suggèrent que les séances débutent à 9 h et se clôturent à 16 h, comparativement à 8 h et 16 h 30 aujourd’hui en ce qui concerne le marché londonien. Pour les Bourses ailleurs dans l’Union européenne, le marché serait ouvert entre 10 h et 17 h, contre 9 h et 17 h 30 actuellement.

« UN OBSTACLE DE TAILLE POUR LE RECRUTEMENT »

L’objectif affiché de cette mesure, qui reprend une proposition faite au mois d’août (en anglais), est d’améliorer la représentation des femmes et le bien-être dans les salles de marché du Vieux Continent, « réputées véhiculer une culture souvent machiste et où la tension est grande », explique l’AFP. Au passage, celle-ci rappelle que l’industrie financière est l’un des secteurs où la discrimination salariale demeure la plus élevée.

Les horaires actuels, très matinaux, représentent également « un obstacle de taille pour le recrutement et le fait de garder des talents plus divers, en particulier ceux qui ont des familles », soulignent l’AFME et l’IA dans un communiqué commun. Les deux organisations ajoutent que leur but est, au final, de « rendre les marchés plus efficaces », et ce, pour le plus grand bénéfice à la fois des épargnants et des investisseurs.

La note envoyée jeudi explique notamment que les échanges sont souvent peu fournis lors de la première heure de cotation, tandis que la dernière heure de la séance compte pour environ 35 % des volumes de transactions enregistrés chaque jour. Elle souligne aussi le fait que l’amplitude horaire sur le Vieux Continent (8,5 heures par jour) est beaucoup plus importante qu’aux États-Unis (6,5 heures) ou en Asie (6 heures).

« DES HORAIRES PEU PROPICES À UNE BONNE SANTÉ MENTALE »

« Si le problème des longues journées n’est pas pris en compte, le marché boursier risque de prendre du retard par rapport à une industrie financière qui tend vers davantage de diversité et d’inclusion », met en garde April Day, l’une des hautes dirigeantes de l’AFME. L’AFME et l’AI affirment par ailleurs que de trop longues heures de travail mettent à rude épreuve la santé mentale des traders. « Les effets physiques sont également importants, ajoutent-elles. En effet, le personnel travaille habituellement 10 heures par jour à son bureau dans une industrie où les pauses déjeuner sont souvent encore mal vues, ce qui n’est pas propice à une bonne santé mentale et physique. »

Toujours selon l’AFME et l’IA, une journée de négociation réduite rendrait donc les marchés plus efficaces, puisque les employés des places boursières seraient moins stressés et moins fatigués en débutant leur journée. Enfin, une réduction de l’amplitude horaire quotidienne permettrait, selon les deux organisations, d’améliorer la liquidité en début de séance.

Le quotidien britannique The Guardian rapporte qu’en réponse à cette lettre, un porte-parole du London Stock Exchange Group a déclaré jeudi « soutenir fermement l’amélioration de la diversité et de la culture en milieu de travail dans toute la ville » et « avoir l’intention d’examiner la demande lors d’une consultation formelle avec les membres et les clients mondiaux de la Bourse de Londres ».