Statue du Christ à Rio de Janeiro, au Brésil.
Photo : marchello74 / 123RF

De l’Amérique latine à la Chine, plusieurs économies émergentes présentent de bonnes perspectives macro-économiques, dit Michael Reynal, chef des investissements pour Sophus Capital.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Au Brésil, depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro [le 1er janvier], les actions ont exceptionnellement bien performé. Même s’ils sont encore nerveux à la suite des scandales de corruption de l’administration précédente, les investisseurs s’attendent à ce que M. Bolsonaro réforme en profondeur les régimes de retraite, qui sont au bord de la faillite et coûtent cher au gouvernement et à l’économie dans son ensemble. Cette réforme sera très positive pour le marché brésilien, car elle permettra une reprise longtemps attendue après presque quatre années de récession », dit Michael Reynal.

Le Mexique aussi a accueilli un nouveau président le 1er décembre, mais avec l’effet inverse sur les marchés financiers puisque Andrés Manuel López Obrador est un « socialiste notoire redouté par les marchés », note l’expert.

« Il est aussi un pragmatiste, et bien qu’il ait annoncé plusieurs idées très négatives, comme s’attaquer au système bancaire ou retirer le projet d’un nouvel aéroport à Mexico, c’est aussi quelqu’un qui veut promouvoir l’activité économique, surtout parmi les pauvres et la classe ouvrière », dit Michael Reynal.

« Ce serait une bonne chose, car l’économie mexicaine est très concentrée tout en haut de l’échelle, et très oligopolistique. Ce serait bien de voir l’économie s’élargir au bénéfice de toute la population. Le Mexique présente de bonnes occasions, notamment dans l’industrie et dans le secteur de la consommation », poursuit l’expert.

Au Chili, il voit une économie « robuste » qui a connu une croissance élevée depuis plusieurs années, et devrait encore gonfler entre 3 et 4 % en 2019 et 2020. « Les actions chiliennes sont assez chères, mais aussi de très bonne qualité. Nous voyons de bonnes occasions dans la consommation, la vente au détail, les centres commerciaux, et potentiellement les pâtes et papiers », dit Michael Reynal.

C’est surtout en Chine qu’il faut surveiller l’économie, car elle a une influence au niveau mondial. Selon l’expert, le spectre d’une guerre commerciale avec les États-Unis n’empêchera pas le pays de poursuivre sa croissance au-dessus des 6 % en 2019, après une année 2018 à 6,4 %.

« L’économie chinoise est propulsée par la consommation, et non plus par les échanges commerciaux ni les infrastructures. La population continue de s’urbaniser, et dans la prochaine décennie on s’attend à un exode rural supplémentaire de 200 millions de personnes. Elles vont vivre dans de nouveaux immeubles résidentiels, posséder des réfrigérateurs, acheter des motos et des autos, ouvrir des comptes en banque, et acheter de l’alimentation et des vêtements », entrevoit l’expert.

« La croissance de la Chine sera moins forte que par le passé mais l’économie sera plus hospitalière aux investisseurs étrangers. Nous espérons que les États-Unis et la Chine réaliseront tous deux qu’ils ont beaucoup à perdre dans une guerre commerciale. Nous nous attendons à une plus grande intégration entre les entreprises des deux pays, à un meilleur accès des Américains au marché chinois, et à une application identique de la loi aux entreprises locales et étrangères sur le sol chinois », dit Michael Reynal.

Poursuivant sur sa lancée optimiste, il imagine un marché chinois où les banques canadiennes et américaines exercent librement, et où les entreprises technologiques étrangères fonctionnent de façon 100 % autonome face à leurs concurrentes locales.

« Cela ferait de la Chine un marché en croissance profitable aux investisseurs étrangers, et au bout du compte, c’est ce que les États-Unis aimeraient obtenir à l’issue de leurs négociations. Beaucoup de craintes seraient apaisées sur les marchés financiers et on verrait les flux de capitaux se stabiliser. Le marché d’actions chinois est l’un des plus performants parmi les pays émergents et au niveau mondial, et suscite naturellement beaucoup d’intérêt parmi les investisseurs. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.