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Depuis qu’Apple a atteint une valeur historique en Bourse, à savoir au-delà de 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière, de nombreux investisseurs craignent une nouvelle bulle technologique. Cette inquiétude est-elle légitime?

Si Apple est la première entreprise à avoir franchi le cap des 1000 milliards de dollars en Bourse, d’autres géants de la technologie la suivent de près. Ainsi, Amazon valait 889 milliards de dollars le 3 août dernier, la maison mère de Google, Alphabet, en valait 856, Microsoft, 828 et Facebook, 513 milliards, selon les chiffres rapportés par TVA.

Pour donner une petite idée, ensemble, ces cinq entreprises représentent presque 20 % du PIB américain. L’ensemble des valeurs technologiques concentrent plus de 25 % de la valeur du S&P 500, l’indice boursier américain basé sur les capitalisations boursières de 500 plus grandes sociétés cotées aux États-Unis.

La dernière fois que les technologies ont suscité une telle frénésie, soit à la fin des années 1990, elles ont connu un krach boursier (2000-2002). À l’époque, les cinq plus grandes entreprises en Bourse représentaient 15,5 % du PIB, donc moins qu’aujourd’hui. Les entreprises technologiques réalisaient alors de bonnes affaires, mais les investisseurs avaient négligé le fait que certaines des sociétés cotées consommaient trop rapidement leur capital pour atteindre un jour un certain équilibre.

« Tous ceux qui possédaient ces actions au plus fort de la bulle ont beaucoup souffert puisqu’ils ont perdu de l’argent sur ces cinq titres au cours des dix années suivantes. Il est dangereux de penser que ce qui fonctionne actuellement va toujours marcher », affirme Russ Mould, responsable des investissements pour AJ Bell.

Pourtant, pour le moment il serait contre-intuitif d’abandonner le secteur de la technologie ou même de parier sur une baisse puisque les bénéfices dans ce secteur sont encore élevés et réguliers, affirme Nate Thooft, directeur général et gestionnaire de portefeuille principal pour Gestion d’actifs Manuvie.

AUJOURD’HUI PAR RAPPORT À 2001

À l’époque, de nouvelles entreprises avaient levé beaucoup d’argent en Bourse sans avoir en arrière de vraie stratégie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nombre de ces jeunes entreprises ne dégageaient alors aucun bénéfice et elles pariaient sur les perspectives d’internet avec trop d’empressement.

Depuis, les investisseurs ont appris de leurs erreurs. La valorisation sur le marché des grosses entreprises du secteur n’a plus rien à voir avec 2001. Celle-ci est mesurée par le rapport entre le prix de l’action d’une société et les bénéfices qu’elle dégage, selon Maris Ogg, gestionnaire de portefeuille pour Tower Bridge Advisors. Exception faite toutefois d’Amazon, dont le prix élevé de l’action inquiète quelque peu les experts.

Cependant, ce secteur n’est pas sans risque. Les entreprises comme Google approchent d’une situation de monopole sur le marché et sont, de ce fait, surveillées étroitement par les régulateurs. « Cela finira par ralentir leur croissance », estime Maris Ogg.

Selon elle, les investisseurs devraient donc rééquilibrer régulièrement leur portefeuille pour que les groupes du secteur technologique y conservent toujours à peu près la même proportion. Les investisseurs devraient aussi surveiller de près les entreprises concurrentes, car les entreprises de ce secteur ont toujours un risque d’être dépassées par une meilleure version du produit qu’elles vendent.