Le Canada est en train de s’adapter aux bas prix du pétrole, tout en se rétablissant de la crise financière, constate Stephen Poloz.

Le gouverneur de la Banque du Canada, qui s’exprimait mercredi devant la Chambre de commerce du Yukon, a déclaré que si le secteur de l’énergie continue d’éprouver des difficultés, les exportations hors énergie montrent des signes de vigueur malgré la volatilité de ces derniers mois. Il ajoute que la dépréciation du dollar canadien favorise les exportations, de même que le tourisme. Ainsi, plusieurs catégories de produits présentent des perspectives prometteuses.

« De nombreux secteurs d’exportation, en effet, approchent des limites de leur capacité de production, ce qui est de bon augure pour les projets d’investissement et la création d’emplois », affirme-t-il.

Ce discours, publié dans un communiqué, faisait le point sur les dernières prévisions formulées par la Banque du Canada en avril. M. Poloz a ainsi examiné les données de l’économie à la lumière des principaux risques que l’institution avait exposés à ce moment et des conséquences des feux de forêt en Alberta, qui ont forcé l’évacuation de la ville de Fort McMurray et nui à l’exploitation pétrolière des sables bitumineux.

Le gouverneur fait aussi remarquer que les ménages canadiens demeurent résilients, surtout en-dehors des régions productrices de ressources. La faiblesse des taux d’intérêt et la solidité du marché du travail ont contribué à soutenir les dépenses de consommation. Au dire du gouverneur, « les données du premier trimestre indiquent que les dépenses des ménages, y compris au titre d’articles coûteux comme les véhicules automobiles et le logement, sont demeurées vigoureuses ».

DES RISQUES, MAIS DE L’OPTIMISME

Il s’est également penché sur l’estimation faite par la Banque des conséquences économiques des feux de forêt dévastateurs en Alberta, lesquels ont forcé quelque 90 000 personnes à évacuer Fort McMurray. À l’heure où les habitants regagnent la ville et où certaines entreprises s’affairent à reprendre la production, la Banque estime pour le moment que les incendies entraîneront une baisse du taux de croissance annualisé d’environ 1,00 à 1,25 point de pourcentage au deuxième trimestre.

L’économie se redressera considérablement par la suite en raison de la reprise de la production de pétrole et de la reconstruction, croit Stephen Poloz. Ce profil de croissance pourrait générer pour les deux derniers trimestres de 2016 une progression moyenne assez proche de celle prévue par la Banque en avril, explique le gouverneur.

Il subsiste des risques, tant internes qu’externes.

« La patience est toujours de mise, mais rien n’empêche d’être optimiste, conclut-il. Il reste que la résilience et la capacité d’adaptation des Canadiens me donnent la certitude que nous traverserons cette période d’ajustement et que notre économie retournera à une croissance naturelle et autosuffisante. »

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