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La proportion de femmes au sein de la haute direction des entreprises dans le secteur financier ne progresse que très lentement, constatent les Autorités canadiennes en valeurs mobilières.

Dans un avis publié jeudi conjointement par les autorités en valeurs mobilières de l’Alberta, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de la Saskatchewan et du Québec, les ACVM relèvent notamment que le pourcentage total des postes d’administrateurs qu’elles occupent est aujourd’hui de 15 %, comparativement à 11 % en 2015. Toutefois, soulignent-elles, ce nombre tend à augmenter avec la taille de l’émetteur et à varier selon le secteur d’activité.

Intitulé Rapport du quatrième examen du personnel sur la représentation féminine aux postes d’administrateurs et de membres de la haute direction, ce document d’une vingtaine de pages montre aussi que sur les postes devenus vacants et ayant été pourvus, près de trois sur 10 l’ont été par des femmes, tandis que la proportion d’émetteurs en comptant au moins une dans leur conseil d’administration a augmenté, passant de 49 % en 2015 à 66 % cette année.

SEULES 40 % DES ENTREPRISES ONT UNE POLITIQUE SPÉCIFIQUE

Globalement, un peu plus de quatre émetteurs sur 10 (42 %) avaient adopté une politique sur la recherche et la sélection de candidates aux postes d’administrateurs en 2018, soit presque le triple par rapport à 2015. Dans le même temps, la proportion de ceux ayant fixé des cibles de représentation féminine à leur conseil s’établit actuellement à 16 %, ce qui représente une hausse de 7 % comparativement à 2015. En outre, la proportion d’émetteurs comptant au moins une femme à la haute direction est passée de 60 % en 2015 à 66 % cette année, alors que 218 entreprises n’en comptent toujours aucune.

Les données publiées par les ACVM révèlent par ailleurs que 4 % des émetteurs comptent aujourd’hui une femme au poste de chef de la direction et que 14 % d’entre eux en ont nommé une à celui de chef des finances.

Dans un communiqué, les Autorités rappellent qu’il s’agit du quatrième examen effectué par les autorités participantes membres depuis 2015, et que celui-ci fait suite à la mise en œuvre des obligations d’information prévues par le Règlement 58-101 sur les pratiques en matière de gouvernance concernant la représentation féminine au conseil d’administration et à la haute direction des entreprises et organisations du secteur.

AMÉLIORER L’INFORMATION DESTINÉE AUX INVESTISSEURS

« Cet examen et la publication des constatations que nous en avons tirées s’inscrivent dans notre engagement à veiller à ce que l’information utilisée par les investisseurs pour prendre des décisions d’investissement et exercer leur droit de vote soit aisément accessible », commente Louis Morisset, président des ACVM et président-directeur général de l’Autorité des marchés financiers.

À noter que l’avis résume les résultats de l’étude d’un échantillon de 648 émetteurs dont la fin d’exercice tombait entre le 31 décembre 2017 et le 31 mars 2018. Les Autorités indiquent qu’elles publieront davantage de données plus tard cet automne.