Fidelity Investments pourrait bientôt soutenir les actionnaires qui demandent aux entreprises d’être plus transparentes quant aux questions de développement durable, un changement de direction majeur pour la firme, rappelle l’agence de presse Reuters.

Règle générale, Fidelity suit les recommandations des directions d’entreprises lorsque vient le temps de voter sur des questions d’environnement ou des sujets de société. Lors des deux dernières périodes de vote par procuration, le cabinet s’est opposé ou abstenu sur chacune des 30 propositions d’actionnaires qui concernaient les activités des entreprises américaines touchant les changements climatiques.

Cela pourrait bientôt changer. Une nouvelle section de ses guides sur le vote par procuration, mise en place en janvier, indique que « Fidelity pourrait soutenir des propositions d’actionnaires exigeant des rapports sur le développement durable, l’énergie renouvelable et les questions d’impact environnemental ».

SUIVRE LES CLIENTS

Cette transformation témoigne de l’intérêt croissant des clients envers les approches environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises dans lesquels ils investissent, soutient la firme de Boston. BlackRock et State Street ont aussi annoncé des changements similaires récemment. BlackRock a d’ailleurs fait savoir en mars que le risque climatique devenait une priorité dans ses discussions avec les entreprises cette année.

Reuters rappelle que des actionnaires ont adopté ce genre de propositions chez Occidental Petroleum et PPL en mai, et que la prochaine assemblée générale d’Exxon, prévue le 31 mai, verra aussi survenir des débats sur de telles propositions.

Si Fidelity refuse pour l’instant de dire comment elle votera lors de la très attendue assemblée générale d’Exxon, elle ne veut pas « être mise à l’écart de certaines des plus importantes décisions liées au risque climatique », soutient un directeur de Ceres, un groupe environnementaliste de Boston.

Le cabinet a aussi récemment créé un bureau de l’investissement, qui suit les questions d’environnement, de société et de gouvernance, en plus de signer les Principes de l’investissement responsable de l’ONU.

APPUI À LA MONNAIE VIRTUELLE

Par ailleurs, Fidelity continue à se distinguer par son appui aux devises virtuelles, ayant annoncé qu’elle affichera bientôt la bourse d’échange de monnaie virtuelle Coinbase sur son site Internet. Cette nouveauté pourrait entrer en vigueur au deuxième ou troisième trimestre 2017. Cela en fera l’une des rares firmes de services financiers à avoir intégré les devises virtuelles à son site web, alors que les autres se tiennent plutôt loin de ces technologies pour l’instant.

Au contraire, Fidelity soutient les devises virtuelles et mène de petits projets pour en explorer l’usage. La firme a même permis l’utilisation de bitcoin dans sa cafétéria. Une centaine d’employés ont fait des achats avec cette devise jusqu’à maintenant.

Ce n’est pas demain la veille que ces devises surclasseront Visa ou Mastercard dans les points de vente ou s’imposeront comme système de paiement privilégié des transactions financières, admet Abigail Johnson, directrice générale de Fidelity. Mais elle affirme tout de même à Reuters qu’elle s’attend toujours à voir la cryptomonnaie jouer un rôle plus important dans un avenir rapproché.

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