En matière de financement des études postsecondaires par les parents, les Québécois ne logent pas tous à la même enseigne, rapporte La Presse.

Les cas recensés par le quotidien démontrent combien les choix faits pour soutenir ou non les enfants lors de leurs études postsecondaires sont propres à chaque famille. Certains ouvrent un régime enregistré d’épargne-études (REEE) quelques jours à peine après la naissance de leur enfant, d’autres acquièrent un immeuble à revenus pour financer les études de leur progéniture, alors que d’autres s’en remettent aux prêts et bourses du gouvernement ou comptent sur leurs enfants pour travailler et défrayer une bonne partie des coûts.

Ces choix tiennent à la fois au degré de valorisation de l’éducation, à la connaissance des outils financiers et des politiques publiques et aussi, bien sûr, au niveau de revenu. Selon Universitas, 39 % des familles du Québec soutiennent ne pas avoir les moyens ou l’intention d’épargner en 2016 en vue des études postsecondaires de leur progéniture.

CHOISIR EN CONNAISSANCE DE CAUSE

Quant à celles qui le font, elles prennent des chemins divers. Ainsi, 27 % des familles québécoises ont investi dans un REEE du gouvernement en 2015, alors que 52 % ont plutôt utilisé le REER et 33 % le CELI. Cette proportion changerait peut-être si les Québécois avaient une meilleure compréhension de ces outils financiers. Près de la moitié (49 %) des familles de la Belle province ignorent l’existence des subventions liées à l’épargne-études, selon Universitas. Difficile alors de prendre une décision éclairée.

Pour Daniel Laverdière, directeur principal à la Banque Nationale, le régime enregistré d’épargne-études représente sans doute la meilleure option en raison de la subvention gouvernementale de 30 % à laquelle il donne droit. Il opterait ensuite pour le CELI, principalement parce que les retraits ne sont pas pénalisés et qu’il est possible de remettre l’argent au compte par la suite.

TRAVAILLER EN ÉTUDIANT

Les étudiants qui travaillent sont aussi très nombreux. Selon Statistique Canada, 42,3 % des étudiants québécois de 15-24 ans occupaient un poste à temps plein durant les mois d’études en 2011, soit beaucoup plus qu’il y a trente ans (27,2 %). Cela inclut toutefois les étudiants à temps partiel. Un étudiant québécois à temps plein sur dix travaillait 25 heures par semaine et plus en 2011.

« De plus en plus de jeunes désirent travailler durant leurs études pour accumuler des expériences de travail et s’en servir comme atouts après l’obtention de leur diplôme, croit Pierre Doray, professeur en sociologie de l’UQÀM, spécialisé en éducation. D’autres veulent avoir leur indépendance financière ou simplement s’offrir ce qu’ils veulent, sans dépendre de leurs parents. C’est devenu une norme de travailler en étudiant. »

La modération a toutefois bien meilleur goût de ce côté. Plusieurs études montrent que dépasser 15 ou 20 heures de travail par semaine peut nuire au résultats scolaires. Et si les échecs s’accumulent, les études risquent d’être plus longues et… de coûter plus cher.

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