Photo : Katsiaryna Lenets / 123RF

Les espaces physiques de vente au détail tombent comme des mouches aux États-Unis, mais les promoteurs immobiliers les plus astucieux continueront d’attirer des clients dans leurs murs, croit Chip McKinley, gestionnaire de portefeuille chez Cohen & Steers à New York.

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« Les propriétaires de centres commerciaux souffrent directement du succès d’Amazon et autres détaillants en ligne. Ceux-ci ont détruit les profits et la valeur des détaillants au niveau national, tant les grandes chaînes que les petits magasins. Ils ont moins d’argent pour payer leurs loyers et perdent dans bien des cas leur raison d’exister », dit Chip McKinley.

« On a vu cette tendance venir de loin, mais la destruction s’est vraiment accélérée en 2016 et 2017. Les titres des détaillants ont beaucoup souffert, ainsi que ceux des propriétaires d’espaces de détail. Dans certains cas la baisse de valeur en Bourse a été plus forte que les dommages réels, ce qui crée des occasions sur le marché », poursuit l’expert.

Mais ce qui l’intéresse le plus, ce sont les quelques détaillants qui semblent avoir trouvé la parade contre la tendance inexorable du commerce électronique.

« Certains ont réévalué leurs modèles d’affaires, modifié leur façon d’investir, et réussi à rendre plus attrayante l’idée d’aller magasiner chez eux en personne. Certains propriétaires d’espaces de détail ont eux aussi fait des efforts pour créer de nouveaux services et expériences qui rendent le magasinage physique plus plaisant », dit Chip McKinley.

Son analyse : il y aura beaucoup de perdants, et beaucoup de centres commerciaux fermeront leurs portes dans les prochaines années, mais ceux qui sont bien situés, offrent de la haute qualité, et parviennent à demeurer pertinents aux yeux de leurs clients s’en tireront plutôt bien. « Ils ne reviendront peut-être pas au niveau d’avant le commerce électronique, mais ils se porteront bien », dit-il.

La question est de savoir les reconnaître et de saisir l’occasion alors que leurs titres sont encore abordables, reconnaît Chip McKinley. Il précise qu’il parle uniquement du marché américain et que d’autres marchés dans le monde se comportent de façon très différente face au commerce électronique, selon leurs caractéristiques propres.

Pendant ce temps, d’autres sous-secteurs de l’immobilier américain se portent très bien, comme celui des appartements à louer, remarque Chip McKinley.

« Même après des années de construction tant dans les grandes villes que dans les marchés résidentiels, la demande continue de dépasser l’offre. Cela fait plusieurs années que le cycle de nouvelles construction a commencé, mais l’économie a continué de traverser un boom au ralenti. Le chômage est à son plus bas, la création d’emploi est en hausse, et c’est très positif pour la demande d’immobilier résidentiel », dit Chip McKinley.

Selon l’expert, cette solide croissance de la demande dans le secteur résidentiel devrait se poursuivre alors que la génération des Y atteignent pleinement l’âge adulte : celui où on quitte les colocataires, où on se trouve un conjoint et où on fonde une famille.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.