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L’année 2020 fait passer les investisseurs par toute la gamme des émotions, ce qui exacerbe plusieurs de leurs biais. Les conseillers doivent donc redoubler de vigilance pour les empêcher de prendre de mauvaises décisions.

Le Baromètre Befi 2020, une étude conjointe de Charles Schwab Investment Management (CSIM), Investments & Wealth Institute et Cerulli Associates, montre que 81 % des conseillers américains ont employé en 2020 des techniques de finance comportementale, comparativement à 71 % l’an dernier.

Plus de la moitié d’entre eux (55 %) soutiennent que ces techniques les ont aidés à garder leurs clients investis et alignés sur leur stratégie de placement à long terme pendant la pandémie. Un tiers affirment que ces approches leur ont permis de mieux comprendre la tolérance au risque réelle de leurs clients. 

Par ailleurs 66 % des conseillers qui misent sur la finance comportementale ont recruté de nouveaux clients depuis le premier trimestre de 2020, contre 36 % de ceux qui ne l’utilisent pas. 

MONTAGNES RUSSES ÉMOTIONNELLES

Les biais des investisseurs se scindent grossièrement en deux catégories : les biais émotifs et les biais cognitifs. Les premiers résultent d’une réaction émotionnelle à une situation, alors que les seconds proviennent d’une distorsion dans l’analyse d’une situation.

Dans un appel conférence, Omar Aguilar, directeur en chef des investissements de CSIM, soutient que « la réaction initiale aux grandes nouvelles du marché ou aux grosses informations est émotive ». Ces propos ont été rapportés dans un article de Financial Advisor IQ. La pandémie, les problèmes économiques et la volatilité des marchés ont donné amplement de raisons aux investisseurs de se montrer émotifs depuis le début de l’année.

Le baromètre, basé sur un sondage réalisé par Cerulli Associates en mai et juin 2020 auprès de plus de 300 conseillers, montre que le biais de récence reste le plus commun. Il aurait été démontré par 35 % des clients en 2020, la même proportion qu’en 2019. Ce biais amène une personne à se laisser influencer davantage, parfois de manière excessive, par les événements ou les informations les plus récentes. 

DES BIAIS PLUS PRÉSENTS

Mais l’année en cours a aussi vu une augmentation de la prévalence de trois biais par rapport à 2019. Le nombre de clients affichant un biais de cadrage est ainsi passé de 17 % à 26 %. Cela signifie que ces individus prennent des décisions en fonction de la manière dont les informations sont présentées. La comptabilité mentale, qui amène l’investisseur à séparer ses actifs dans son esprit en fonction de ses différents objectifs financiers, a aussi bondi de 15 % à 26 %. 

Quant à l’aversion aux pertes, elle a connu une légère hausse de 26 % à 30 %. C’est d’ailleurs ce biais émotif qui s’est manifesté en premier lors de la chute des marchés financiers en février et mars. « Tout le monde souhaitait protéger ses actifs », souligne M. Aguilar.

Dans tout ce tumulte, les conseillers ont dû travailler fort pour éviter de voir leurs clients tomber dans certains pièges.

« Les conseillers qui avaient incorporé les techniques de finance comportementale dans leur pratique étaient mieux préparés pour le contexte de marché que nous avons connu cette année, ajoute M. Aguilar. Je ne crois pas que personne pouvait prévoir ce que nous avons eu à traverser, mais il est certain que ces résultats montrent que les clients qui utilisent les techniques de finance comportementale ont été à même de fournir de la valeur à leurs clients. »