Pendant que les pays développés rencontrent peu de succès dans leurs efforts pour stimuler la croissance, les pays émergents ont le vent en poupe, dit Michael Reynal, chef de la direction des investissements à Sophus Capital.

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« La croissance des pays développés reste faible, malgré des années d’assouplissement quantitatif et d’autres initiatives de relance de l’économie. Mais du côté des pays émergents, la croissance s’accélère. Elle passera de 4 % en 2016 à 4,5 ou 5 % en 2017 », entrevoit Michael Reynal.

Cette dynamique s’expliquerait par le marché des matières premières, qui traverse un cycle moins marqué qu’à l’habitude, croit l’expert.

« On le voit avec le pétrole, les pâtes et papiers, le cuivre, etc. C’est une bonne nouvelle pour les pays émergents. Cela dit, pour chaque Brésil ou Chili qui exporte des matières premières, on a une Inde ou une Corée qui les importe. Et le ‘gorille dans la pièce’, la Chine, est un importateur net. Donc quand on parle du rôle des matières premières dans le rendement des marchés émergents, il faut se rappeler que tous les pays ne sont pas des bénéficiaires », dit Michael Reynal.

L’expert compare les cas particuliers de certains joueurs clés. D’abord, la Russie. « Elle se porte mieux quand le prix du baril tourne autour de 45 USD. Malgré ce qu’on entend sur son rôle en Ukraine et en Syrie, elle jouit d’un environnement national beaucoup plus stable. Le président Poutine et son gouvernement ont commencé à réduire l’influence des sociétés d’État, ce qui est crucial car celles-ci sont peu efficaces et très corrompues », observe M. Reynal.

« En Afrique du Sud, la présidence de Jacob Zuma a été un désastre du point de vue économique. Son parti, l’African National Congress, est aux prises avec des problèmes de corruption, de prise de décision, par conséquent de popularité. Pour ces raisons, l’Afrique du Sud subit beaucoup de pression de la part des marchés mondiaux. »

En Chine, des tensions se sont fait jour entre les deux premiers membres du Politburo (l’organe de direction du Parti communiste), Xi Jinping et Li Keqiang. « Cela pourrait influencer la direction des politiques économiques. Cela dit, le système demeure stable et le président Xi joue un rôle positif dans l’économie, notamment avec une sérieuse campagne contre la corruption », dit M. Reynal.

« Au Brésil, la destitution de la présidente Dilma Rousseff et son remplacement par Michel Temer sont des développements encourageants puisque ce dernier est nettement plus favorable aux marchés. Même chose pour l’Argentine, où le nouveau président Mauricio Macri a mis en place des initiatives positives pour l’économie et les relations du pays au sein de l’Amérique latine », poursuit-il.

« Au Mexique, le président Peña Nieto a encore deux années devant lui pour continuer de nettoyer la corruption qui accablait le gouvernement à son arrivée. Enfin au Pérou, le président Pedro Pablo Kuczynski élu plus tôt cette année s’affiche comme très favorable aux marchés et souhaite stimuler les retombées économiques pour le pays. »