Des diamants bruts se cachent dans la zone de qualité intermédiaire du marché obligataire, et ceux qui savent les reconnaître s’en tirent mieux qu’en misant sur les titres dont la qualité est déjà établie, explique Andrew Kronschnabel, gestionnaire de portefeuille à Logan Circle Partners (Philadelphie).

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« Nous avons tendance à surpondérer les obligations de société qui appartiennent à la zone intermédiaire du marché. Historiquement, ce sont elles qui offrent les meilleurs rendements ajustés au risque », affirme Andrew Kronschnabel.

Les titres de qualité supérieure offrent un rendement plus sûr, mais ils ont un gros défaut, rappelle l’expert : ils perdent de la valeur aussitôt que le marché subit de la volatilité ou que leurs émetteurs montrent des signes de faiblesse.

« Notre stratégie est de dénicher des titres prometteurs dans la zone intermédiaire du marché. Leurs rendements sont supérieurs en raison du risque plus élevé, donc il est important de faire des choix réfléchis», dit Andrew Kronschnabel.

Il cite pour mémoire les rendements obtenus cette année par les obligations selon leur notation; les AA (qualité supérieure) tournent autour de 7 %, tandis que les A (moyenne supérieure) atteignent 8,5 %, les BBB (moyenne inférieure) donnent près de 11%, et les BB et inférieures (à haut rendement, aussi appelées « de pacotille ») poussent jusqu’à 14 %.

Pour bien choisir les diamants bruts, pas de secret : il faut analyser les éléments fondamentaux de chaque titre en profondeur, insiste Andrew Kronschnabel.

« Les agences de notation ont tendance à [être à la remorque du marché], qu’il s’agisse de hausses ou de baisses. Il faut donc repérer les bonnes occasions avant elles », dit-il.

La logique fonctionne dans les deux sens, précise l’expert. Ainsi, mieux vaut vendre vite les titres dont les éléments fondamentaux montrent les signes avant-coureurs d’un déclin, avant qu’ils soient officiellement rétrogradés par les agences. Dans le même temps, il recommande d’investir dans les « étoiles montantes »: des entreprises qui sont en cours d’amélioration mais dont les titres ne reflètent pas encore ces efforts.

« Par exemple, nous connaissons plusieurs obligations notées BB qui, selon nous, devraient d’ores et déjà appartenir à la catégorie investissement. Nous misons donc sur leur potentiel avant que l’ensemble du marché s’intéresse davantage à elles. De cette façon, notre portefeuille profite à la fois de l’accroissement de leur capital et de leur écart plus élevé. »