Les géants mondiaux de l’assurtech prennent de plus en plus de place, mais génèrent encore peu de profits, lorsqu’ils ne sont pas carrément dans le rouge, rapporte Les Échos.

La startup américaine Oscar est l’un des leaders de l’assurtech au sud de la frontière depuis son lancement à New York en 2013. Elle annonçait récemment viser environ un milliard de dollars américains (1,24 G$ CA) de chiffre d’affaires en 2018, contre un peu plus de 300 millions de dollars américains (372 M$ CA) en 2017.

L’assureur entièrement numérique avait bénéficié de la hausse de la demande entraînée par l’Obamacare et ne semble pas trop souffrir, pour l’instant, des coups de hache assenés par le nouveau président dans cette loi.

POURSUIVRE LA CROISSANCE

La firme, qui pourrait voir ses activités d’assurance devenir profitable pour une première fois, tout en restant globalement dans le rouge, vise 250 000 membres en 2018. Ce serait deux fois et demie plus qu’en 2017. Elle n’a visé jusqu’à maintenant que le marché de l’assurance individuelle. Elle compte sur un doublement de sa présence dans six États cette année, une croissance organique de 60 % dans ses marchés actuels et une nouvelle offre pour les petites entreprises. Elle a aussi lancé deux coentreprises stratégiques avec l’assureur Humana et Cleveland Clinic.

LA CHINE S’Y MET AUSSI

Lancé à Hong Kong la même année qu’Oscar, le chinois Zhong An a déjà vendu pour environ huit milliards de dollars américains de contrats d’assurance (9,9 G$ CA). En onze mois, à partir de janvier 2017, son volume de primes a bondi de 74 %, à 5,27 milliards de dollars américains (6,54 G$ CA), après avoir connu une croissance de 52 % en 2016. En septembre dernier, Zhong An faisait une entrée spectaculaire en Bourse, levant 1,5 milliard de dollars américains (1,86 G$ CA).

Cette startup chinoise a été créée par le fondateur d’Alibaba, le richissime Jack Ma, et les dirigeants de Tencent Holdings et Ping An Insurance Group, Pony Ma (Ma Huateng) et Ma Mingzhe. Elle se spécialise dans les produits de niche, comme les assurances retard pour les passagers aériens et le remboursement de frais de livraison en cas de retour de produits achetés en ligne. La grande majorité de son chiffre d’affaires provient de cinq grand partenaires, dont le géant du commerce en ligne Alibaba et le fournisseur de services financiers AntFinancial, qui lui facturent de juteuses commissions. Zhong An devra diversifier ses sources de revenus pour atteindre la rentabilité.

Côté canadien, pas de géant de l’assurtech en vue. En 2017, EY prévoyait que les innovations proviendraient plutôt des grands joueurs. Ces derniers développeront leurs propres approches ou procéderont par acquisitions ou partenariats avec des startup, comme le rapportait Conseiller.

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