Les institutions financières fondent beaucoup d’espoir dans la blockchain (ou registre des transactions) pour simplifier leurs opérations, mais la consommation énergétique gargantuesque de cette technologie risque de leur poser bien des défis.

Puisque la blockchain est un registre de transactions numériques, elle croît au fil du temps. La base de données partagée des banques pourrait ainsi rapidement atteindre plusieurs millions de gigaoctets, qui devront être stockés sur les serveurs des institutions financières.

Cette croissance a un coût énergétique important. Par exemple, le registre du bitcoin, qui pèse aujourd’hui 78gigaoctets, consomme aux alentours de 600 mégawatts (MW) d’énergie pour fonctionner, rapporte l’Agence France-Presse.

LE BITCOIN COÛTE 600 M$ PAR AN

En prenant en compte l’électricité, l’équipement et les centres de données, le registre des transactions public du bitcoin coûte près de 600 millions de dollars par an, selon les calculs d’un administrateur du groupe Bitfury, une entreprise américaine qui se spécialise dans la validation de transactions en bitcoin.

Ces coûts risquent en revanche d’être moins élevés pour les registres privés que les banques et assureurs sont en train de développer.

« Une blockchain privée n’aura pas besoin d’autant de puissance de calcul que pour le bitcoin, car les transactions ne seront validées que par un nombre limité d’acteurs certifiés », tempère Philippe Denis, responsable de l’initiative blockchain au sein de la banque de financement et d’investissement de BNP Paribas.

Ces coûts en énergie doivent par ailleurs être mis en perspective avec les économies potentielles que les institutions financières pourraient réaliser grâce à ce protocole. D’après un rapport de la banque Santander publié en 2015, cette nouvelle technologie pourrait réduire les coûts d’infrastructure des institutions financières de 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici 2022.

DES SOLUTIONS EXISTENT

Des experts étudient certaines solutions techniques pour optimiser la consommation énergétique de la blockchain. L’utilisation de l’infonuagique est souvent mise de l’avant, car elle permettrait aux différents utilisateurs de la technologie de ne conserver qu’une partie du registre de transactions au lieu de sa totalité.

La question énergétique préoccupe également les centres de données. Le groupe Bitfury par exemple, dont les ordinateurs consomment dans les 72mégawatts, utilise une combinaison d’énergie géothermique et hydroélectrique pour alimenter ses serveurs situés en Islande.

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