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Une hausse de taxes toute en douceur, un vent de changement dans la gouvernance des sociétés, le tout sur fond de croissance mondiale : le Japon a tout pour plaire aux investisseurs à long terme, selon Murdo Maclean, gestionnaire de placements chez Walter Scott, à Edinburgh, en Écosse.

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L’expert reconnaît que le marché d’actions du pays a moins performé que d’autres dans les deux dernières années. Si l’indice MSCI Japan a gagné un beau 20 % en 2019, il est à la traîne des 28 % de l’indice mondial MSCI World. Et quand ce dernier a perdu 9 % l’année d’avant, l’indice japonais a « moins bien souffert » en accusant une chute de 13 %, note Murdo Maclean.

Il souligne aussi que le marché nippon a généré des appréhensions au mois d’octobre lors d’une seconde hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, désormais à 10 %. Cette hausse visait à équilibrer le budget du pays, dont le ratio de la dette sur le PIB est de 150 %, mais elle a inquiété les investisseurs dans un climat mondial où les banques centrales tendent à se montrer accommodantes dans leurs politiques fiscales.

Malgré cela, l’indice nippon a gagné 7 % au quatrième trimestre, ce qui fait dire à Murdo Maclean que la transition s’est faite « en douceur ».

« L’économie japonaise, et par conséquent son marché d’actions, sont très sensibles à la macro-économie mondiale. Cela vient de son exposition à des secteurs comme l’automobile et la chaîne des semi-conducteurs. Ceux-ci sont de nature cyclique, mais sur de nombreuses années, et ils sont à notre avis encore en phase de croissance. Donc tant qu’on n’assiste pas à une récession mondiale, et nous n’en voyons aucun signe pour le moment, les choses iront bien pour le marché japonais, en tout cas à court et moyen terme », dit l’expert.

« Le scandale récent à la direction de Nissan et l’arrestation de son dirigeant Carlos Ghosn a rappelé à tous que les grandes entreprises japonaises sont encore aux prises avec des enjeux de gouvernance. Mais sous l’impulsion du premier ministre Abe, les principales entreprises du pays sont en train de mettre en œuvre des changements que les gens espèrent depuis longtemps », observe Murdo Maclean.

« Les améliorations aux structures de gouvernance des sociétés devraient s’accompagner de meilleures distributions aux actionnaires, par l’entremise de dividendes et de rachats d’actions, ce qui donne bon espoir aux investisseurs dans les temps à venir », poursuit-il.

« Nous sommes des investisseurs à long terme et notre période de détention est autour de 10 ans, ce qui nous pousse à discuter avec les dirigeants de leurs enjeux de gouvernance et de distributions aux actionnaires. Et je dois dire qu’il est plaisant de les voir commencer à nous écouter davantage ces dernières années. Nous avons déjà observé des mesures encourageantes de la part d’entreprises comme FANUC, dans laquelle nous investissons depuis une trentaine d’années, et de SEKISUI Chemical, qui est présent dans notre portefeuille depuis les années 90 », dit Murdo Maclean.

Dans les secteurs d’activité, M. Maclean pointe vers les technologies, l’industrie et les soins de santé, dont le Japon comprend certains des joueurs les plus importants.

« Le Japon a une longue feuille de route d’innovation et celle-ci propulse la croissance de ces secteurs. C’est dans ceux-ci que nous trouvons souvent les plus belles occasions, et le contexte mondial leur donne du vent en poupe en ce moment, ce qui laisse présager de la croissance soutenue. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.