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Les gouvernements ont encore plusieurs outils à leur disposition pour éviter le pire, selon Adam Ditkofsky, gestionnaire de portefeuille et vice-président, revenu fixe, à Gestion d’actifs CIBC.

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« L’impact du coronavirus sur les rendements obligataires au Canada a été substantiel. Les titres à 10 ans et 30 ans sont tombés sous la barre des 1 % et l’écart de crédit s’étend à des niveaux qu’on n’avait pas vus depuis le début 2018, ce qui paraissait une bonne occasion à l’époque. Jusque-là, les rendements avaient dépassé les attentes même des plus pessimistes pour 2020. Mais la pandémie prend de l’ampleur et va continuer d’affecter les marchés », observe Adam Ditkofsky.

Parce que l’effet du virus sur le PIB mondial est impossible à prévoir, les marchés ont tendance à présumer du pire, selon lui. Mais la grande question pour les investisseurs à long terme est de savoir à quoi ressemblera la reprise une fois la crise passée.

« Nous entrevoyons une reprise en forme de U. Les marchés d’actions pourraient reprendre du terrain assez vite étant donné la rapidité de leur chute. Mais les obligations ne connaîtront probablement qu’une modeste hausse des rendements, à mesure que se révèle l’impact du virus sur le PIB mondial », croit Adam Ditkofsky.

Les inquiétudes n’ont pas empêché de nouvelles émissions de crédit par les sociétés, avec des concessions cependant.

« La situation change au jour le jour, mais la Banque de Nouvelle-Écosse, par exemple, a émis le 10 mars des bons de dépôt sur trois ans avec un écart plus large de 50 points de pourcentage par rapport au mois précédent. L’émission s’est bien passée, mais le marché avait besoin d’une importante concession pour absorber cette émission. Malgré l’élargissement des écarts de crédits, les coûts de financement restaient bas et il était encore bénéfique pour l’émetteur d’entrer dans le marché », dit Adam Ditkofsky.

« Les écarts élevés présentent de bonnes occasions, surtout quand certains s’élargissent de 25 à 40 points de pourcentage par jour. Le haut rendement est lui aussi attrayant avec ses écarts au-dessus de 600 points, et nous en avons fait une modeste surpondération, mais nous préférons rester prudents étant donnée l’incertitude ambiante. »

Reste à voir les politiques que les gouvernements vont adopter pour assouplir le choc économique du virus.

« D’importantes mesures de stimulation ont déjà été mises en place au Canada et aux États-Unis, et d’autres devraient suivre. Un taux de 0 % est envisageable à la Fed et à la Banque du Canada si les conditions continuent de se détériorer. Les récentes baisses ont provoqué une hausse massive des demandes d’hypothèques et de refinancement aux États-Unis, et elles réduisent le fardeau financier des entreprises emprunteuses face à des revenus en baisse. Mais le marché indique clairement qu’il veut plus que ça », dit Adam Ditkofsky.

Selon lui, les gouvernements disposent encore de plusieurs outils efficaces.

« Ils peuvent lancer de nouveaux programmes d’apaisement quantitatif, accroître les liquidités au jour le jour, faire un ciblage du rendement à certains points de la courbe de rendement, et même acheter des obligations de sociétés comme on l’a déjà vu en Europe et au Japon. Les gouvernements ont donc encore des moyens de réagir et de dynamiser la confiance du marché. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.