Le manque de soutien financier à l’éducation postsecondaire du gouvernement fédéral « nourrit la crise de l’endettement des ménages canadiens », affirme la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE) dans un rapport publié hier.

Intitulé L’Économie politique de l’endettement étudiant, celui-ci soutient que la dette étudiante représente aujourd’hui quelque 28 milliards de dollars, soit une proportion importante de celle des ménages des familles d’un océan à l’autre, qui atteint désormais 171 % de leur revenu disponible.

En 2010, les jeunes diplômés canadiens s’étaient ainsi endettés à hauteur de 14 900 $ pour un programme de deux ans, 26 300 $ pour un programme de quatre ans, 26 600 $ pour une maîtrise et 41 000 $ pour un doctorat, selon Statistique Canada.

« LES ÉTUDIANTS PAUVRES SONT PARTICULIÈREMENT AFFECTÉS »

Le rapport relève aussi que les recettes provenant des frais de scolarité dans les établissements d’enseignement ont triplé depuis 2001 et que le total des intérêts payés par tous les emprunteurs auprès du Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) pour l’exercice 2015-2016 se monte à 580 millions. Au total, la dette due à ce programme est de 19 milliards.

« Le statu quo des frais de scolarité et de l’endettement élevés est discriminatoire envers les étudiants qui ne peuvent se permettre de payer les frais initiaux de l’éducation », dénonce la FCEE. Aujourd’hui, calcule-t-elle, un étudiant qui emprunte 30 000 $ auprès du PCPE paiera 10 319 $ sur 10 ans en intérêts. Sans compter le fait que « les étudiants provenant de familles à faible revenu sont particulièrement affectés par le coût élevé du collège et de l’université et finissent par payer plus pour leur éducation que leurs collègues de classe provenant de familles plus riches ».

Enfin, le rapport observe que l’endettement étudiant affecte particulièrement les femmes, puisqu’elles représentent une grande majorité des récipiendaires du PCPE et des utilisateurs du Programme d’aide au remboursement du gouvernement fédéral.

« LES JEUNES DOIVENT ÉCONOMISER LONGTEMPS POUR REMBOURSER »

« En accablant les étudiants, les diplômés et leur famille avec des niveaux de dette faramineux, on ralentit la croissance de l’économie. Les jeunes sont obligés d’attendre pour franchir des étapes importantes de leur vie et faire des économies pour l’avenir de leur famille car ils doivent rembourser leur prêt étudiant », déplore Bilan Arte, présidente nationale de la FCEE.

« L’économie canadienne est de plus en plus exploitée par les étudiants et les jeunes endettés, au profit de quelques individus riches et au détriment d’une majorité. L’accès à l’endettement étudiant n’est pas équivalent à l’accès à l’éducation. Le mouvement étudiant continuera de demander des changements fondamentaux et un accès universel à l’éducation postsecondaire publique », ajoute le dirigeante.

La FCEE est l’organisation étudiante nationale la plus ancienne et la plus importante au pays. Elle représente plus de 650 000 étudiants de tous les cycles dans des collèges et universités de toutes les provinces.