Billet de 20 dollars canadiens coupé en deux avec des ciseaux.
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Jeremy Kronick et Wendy Wu, de l’Institut C.D. Howe, se penchent sur les intermédiaires financiers non bancaires (IFNB) et leurs répercussions sur la politique monétaire, comme on peut le lire dans un rapport récent.

Le Canada a échappé à la crise de 2008 en partie à cause de la rareté de ces substituts aux banques, selon le rapport, mais cette résilience commence à être menacée par la croissance notable des IFNB durant les dernières années.

Les actifs gérés par ces institutions ont atteint 1 500 milliards de dollars en 2017, ce qui représente environ 10 % du total des actifs financiers et 34 % de l’ensemble des actifs de toutes les banques acceptant les dépôts.

Les IFNB peuvent être des fonds d’investissement, des prêteurs privés ou encore des firmes qui offrent des investissements tels que des titres adossés à des crédits mobiliers.

Le rapport affirme qu’une croissance des dépôts des IFNB entraîne la possibilité de dilution de l’efficacité de la politique monétaire. Si celle-ci se trouve dans une phase de contraction, l’environnement financier devient plus favorable pour l’offre de crédit pour les entreprises des IFNB plutôt que pour les banques traditionnelles. La croissance de cette offre diminue ainsi l’efficacité de la politique monétaire et occasionne une composition financièrement plus risquée.

« Dans l’ensemble, ces résultats mettent en évidence l’importance d’un secteur IFNB en croissance pour la politique monétaire et la stabilité financière, a déclaré Jeremy Kronick. Nos résultats suggèrent que l’outil traditionnel de politique monétaire du taux au jour le jour et le resserrement des normes de souscription hypothécaire au moyen de la politique macroprudentielle pourraient avoir l’effet secondaire non attendu d’augmenter l’instabilité financière. »

Le rapport recommande d’égaliser les chances entre les banques traditionnelles et les IFNB en limitant le transfert de prêts entre les deux, et en renforçant la réglementation des IFNB, ainsi qu’en leur imposant des normes de souscription similaires à celles appliquées aux banques traditionnelles.