La crise financière de 2008 n’est plus qu’un lointain souvenir pour les banques américaines, qui ont enregistré des profits plus élevés que jamais au cours des dernières années. Et ceux de leurs voisines canadiennes ne cessent d’augmenter.

Les institutions financières des États-Unis ont enregistré des profits de 171,3 milliards de dollars US en 2016, rapporte CNN Money. Et il ne s’agit pas d’une année hors de l’ordinaire : les banques américaines ont présenté trois fois des résultats financiers records au cours des quatre dernières années.

Selon les données de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’équivalent américain de la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC), 59 % des quelque 5 913 institutions dont les dépôts sont garantis ont dégagé des profits au quatrième trimestre, alors que seulement 8,1 % ont fait état de pertes.

« Le système bancaire américain s’est certainement relevé depuis la crise financière. Les choses ne vont pas aussi mal que certaines personnes le suggèrent », explique à CNN Money Nathan Dean, analyste en politiques financières à Bloomberg Intelligence.

L’EFFET POSITIF DE LA RÉGLEMENTATION

Ces solides résultats contrastent fortement avec le sombre tableau que brosse le président Donald Trump des institutions financières américaines. Selon lui, la loi Dodd-Frank, adoptée en 2010 par l’administration Obama pour assurer la stabilité du système financier des États-Unis, est une « catastrophe ». Il a d’ailleurs récemment signé un décret présidentiel visant la dérèglementation du secteur bancaire.

Or, les démocrates affirment que la loi Dodd-Frank est justement ce qui a permis aux banques d’enregistrer d’aussi bons résultats ces dernières années.

« Les bénéfices record de cette période reposent en majeure partie sur la confiance renouvelée dans le système financier, et c’est Dodd-Frank qui a rendu cela possible, affirme Robert Shapiro, ancien conseiller des administrations Obama et Clinton, à CNN Money. Loin d’être un fardeau, la réglementation a souvent bénéficié au secteur financier. »

L’Association des banquiers américains affirme toutefois que les exigences réglementaires accrues acculent les plus petits prêteurs au pied du mur. Selon James Chessen, économiste en chef de l’organisme, 251 banques ont fusionné l’année dernière en raison d’exigences trop élevées.

PORTRAIT SEMBLABLE AU CANADA

Les banques canadiennes ont elles aussi connu des années prospères depuis la crise financière de 2008. Selon les résultats financiers publiés par l’Association des banquiers canadiens, les six grandes banques canadiennes ont dégagé un bénéfice net total de 34,9 milliards de dollars en 2015, comparativement à 33,3 G$ en 2014, 30,6 G$ en 2013 et 29,6 G$ en 2012. En fait, leur profit s’est apprécié sans interruption depuis le creux de 2008, où il s’était chiffré à 12,2 G$.

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