Photo : Jeangagnon [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]

Ouvrir un compte bancaire en ligne ou au comptoir à la Banque Nationale semble être devenu compliqué pour les particuliers déjà membres de Desjardins, rapporte Radio-Canada.

Dans un article publié mardi, la chaîne publique d’information indique en effet que la banque a récemment renforcé ses mesures de sécurité à l’égard des clients du Mouvement. Se demandant si ces derniers sont devenus « toxiques », Radio-Canada souligne que l’ouverture d’un compte bancaire en ligne, par exemple, « n’est plus facilitée comme pour les clients venant d’autres institutions financières ».

Pour en avoir le cœur net, l’auteur de l’article, lui-même victime du récent vol de données au sein de la coopérative, a tenté l’expérience. Résultat, lorsqu’il s’est identifié comme étant déjà un client de Desjardins, il a constaté que le processus d’ouverture du compte en ligne était bloqué. En revanche, il pouvait le faire sans problème s’il indiquait être client d’une autre banque que le Mouvement.

UN PARCOURS SEMÉ D’OBSTACLES

Interrogée par Radio-Canada, la directrice principale des affaires publiques de la Banque Nationale confirme que l’établissement a bien « accru ses mesures de surveillance pour l’ouverture de comptes en ligne ». Marie-Pierre Jodoin ajoute cependant qu’« il n’y a pas de refus systématique » d’accepter les nouveaux clients en provenance de la coopérative. Elle refuse toutefois de fournir davantage de détails sur les mesures de sécurité adoptées par la BN, évoquant seulement des « croisements d’informations ».

Selon un expert en sécurité informatique interrogé par Radio-Canada, les victimes du vol de données chez Desjardins risquent de devoir subir des vérifications plus serrées que les autres clients auprès des banques. « Je ferais la même chose si j’étais à leur place », explique François Daigle, qui travaille pour la firme Okiok.

Jugeant les mesures prises par la BN « normales, appropriées et prudentes », il souligne que les membres du Mouvement doivent s’attendre à mettre « plus de temps » et à devoir suivre un parcours « plus compliqué » que leurs homologues. « Ce sont, malheureusement, les conséquences d’un vol d’identité », explique l’expert, qui insiste néanmoins sur le fait que cette procédure « réduira le risque que leur identité soit usurpée ».

RETOUR À LA PROCÉDURE MANUELLE

François Daigle dit d’ailleurs s’attendre à ce que d’autres institutions financières emboîtent le pas à la BN et s’assurent de façon plus rigoureuse que d’ordinaire qu’elles ont affaire à la bonne personne dans le cas de clients ou d’ancien clients de Desjardins. « On va vouloir vérifier leur identité peut-être plus que les autres. On retournera à la procédure manuelle qu’on faisait il y a 10 ou 15 ans », prévient-il.

Pour tenter de savoir si d’autres banques que la BN avaient pris des mesures afin de mieux contrôler les nouveaux clients en provenance de la coopérative financière, Radio-Canada a contacté les grandes banques présentes au pays. La Banque Royale s’est refusée à tout commentaire, tandis que la Banque Scotia, CIBC et la TD n’ont pas répondu à la demande de la chaîne d’information. À la Banque Laurentienne, enfin, les particuliers désireux d’ouvrir un compte sont tenus de se présenter dans une succursale, comme c’était le cas auparavant.