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L’éventuelle interdiction de certains types de commissions versées aux courtiers lorsque leurs clients achètent des parts dans un fonds commun, par exemple, risque d’avoir des conséquences néfastes pour les consommateurs de produits et services financiers, met en garde Denis Ricard.

Interrogé par Le Devoir en marge d’une récente allocution au Cercle canadien de Montréal, le nouveau PDG d’Industrielle Alliance estime qu’une telle décision, envisagée par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), pourrait entraîner des modifications « structurelles » du secteur, et même avoir des répercussions négatives plus larges dans la société.

« Le nombre de conseillers au Canada n’augmente pas, il baisse. Parfois, il y a des conséquences inattendues de certaines réglementations qui pourraient faire en sorte qu’il y ait moins de conseillers financiers. Pour moi, c’est un problème majeur et sociétal parce qu’il y a bien des gens qui ne connaissent pas leurs besoins. Ça prend quelqu’un qui les leur explique, que ce soit en assurance ou en planification pour la retraite », explique le dirigeant.

« IL N’Y A PAS DE SITUATION PARFAITE »

Notant qu’il y a au pays environ 98 000 conseillers financiers, selon les données de l’Institut des fonds d’investissement du Canada, Le Devoir rappelle que « le débat entourant les commissions de suivi qui sont versées aux conseillers financiers pour la vente de fonds communs mobilise les opinions depuis de nombreuses années ». Et il souligne que si « certains font valoir qu’elles jouent en faveur des conseillers indépendants, d’autres estiment qu’on a mal informé les épargnants au sujet de ces frais ».

Le quotidien montréalais indique que, selon les ACVM, les modifications envisagées « entraîneraient l’abandon de toutes les formes d’option de frais d’acquisition reportés et apporteraient un surcroît de transparence aux frais imposés dans le réseau des courtiers exécutants ». Mais il ajoute que « parmi les arguments faisant valoir qu’il s’agit d’une mauvaise idée figure celui d’une diminution du nombre de conseillers dont les clients ont un patrimoine moins élevé ».

« En Ontario, le gouvernement a mis le pied à terre [par rapport à ce dossier]. Une des raisons qu’il a données, c’est justement pour éviter que ce soit trop difficile pour certains conseillers d’entrer dans l’industrie et d’y demeurer. Il n’y a pas de situation parfaite. Il y a un balancier. Oui, le traitement équitable des consommateurs, on est tous d’accord avec ça. Mais si, à l’extrême, les consommateurs n’étaient pas du tout servis, on n’est pas plus avancés comme société », conclut Denis Ricard.