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La pandémie a incité nombre de personnes à commencer à investir et beaucoup ont décidé de le faire de façon autonome. Et contrairement aux croyances populaires, les jeunes sont loin d’être les seuls à se lancer sur les applications de courtage. Il est donc important d’adapter les outils de planification et de conseils aux investisseurs de tous âges et de tous niveaux de revenus, peut-on retirer de la conférence Financial Planning Invest Connect, reprise par Financial Planning.

Si certains investisseurs sont moins enclins à travailler directement avec un conseiller, plusieurs s’intéressent aux services de sociétés de technologie patrimoniale. Ainsi, les applications attirent pour le moment un certain type de clientèle.

Depuis son lancement en 2015, le conseiller-robot Stash est utilisé par environ 6 millions d’« Américains de tous les jours », âgés en moyenne de 33 ans, selon le président, Ed Robinson. Et plus de 85 % d’entre eux n’ont jamais investi avant de faire affaires avec l’entreprise, précise-t-il.

Le conseiller-robot M1 Finance, quant à lui, travaille avec plus de femmes, une plus grande proportion de « novices en matière d’investissement », soit beaucoup de millénariaux, et davantage de conjoints et de partenaires de clients existants, rapporte Jessica Schnepf, responsable de la conception des produits de la société.

« Ils veulent prendre le contrôle de leur avenir financier, dit-elle. Ils veulent être autodirigés. Ils veulent prendre les décisions, mais ont besoin d’aide. Ils ont besoin et veulent de l’éducation. Ils ont besoin d’un peu d’aide et de conseils, mais je pense qu’indépendamment du fait qu’il s’agisse d’investisseurs expérimentés ou de débutants, ils nous disent qu’ils veulent une solution plus intuitive et plus efficace en termes de temps que ce qu’un service de courtage traditionnel a à offrir. »

Toutefois, les milliardaires et les baby-boomers utilisent les outils numériques au moins autant que les membres de la génération Y, affirme Kelli Keough, chef de produit chez J.P. Morgan Wealth Management.

« Nous avons tendance à considérer le numérique comme un espace réservé aux millénariaux ou aux plus jeunes, mais la réalité est que nous constatons une utilisation tout aussi importante, voire plus importante, de nos plateformes numériques par nos clients fortunés, très fortunés et/ou plus âgés, assure Kelli Keough. Le numérique est une capacité qui existe pour tous. Il s’agit donc vraiment de ramener cela à la personne elle-même et de ne pas faire de stéréotypes ou de conclusions sur les différents groupes, car c’est vraiment quelque chose qui fait partie de notre façon de faire, de la façon dont nos clients interagissent avec nous. »

Les entreprises ne peuvent donc ignorer les questions sous-jacentes amenées par les investisseurs plus âgés qui utilisent des plates-formes numériques. D’autant plus que c’est ces derniers transfèrent ensuite leur patrimoine à une génération plus jeune, qui s’orientent en masse vers les conseillers-robots et autres gestionnaires de patrimoine, constate Sonali Chatterji, responsable des services financiers de la société de conseil Thoughtworks et modératrice du panel.