Plusieurs mains d'hommes d'affaires mettent de la monnaie dans des pots d'où poussent des plantes.
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Les critères économiques, sociaux et de gouvernance (ESG) permettent une sélection plus objective et plus productive des entreprises qui méritent d’être encouragées, croit Amanda McPherson, vice-présidente, revenu fixe mondial à Gestion d’actifs CIBC.

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Les fonds d’investissement socialement responsable (ISR) excluent de façon générale les titres liés à des produits comme l’alcool, le tabac ou les jeux d’argent. Certains incluent des restrictions pour l’exposition au nucléaire ou aux émissions de carbone. Mais selon l’experte, ce n’est pas là que les investisseurs peuvent trouver de la croissance.

« Le domaine de l’investissement responsable a évolué au-delà des ISR pour adopter plutôt les critères ESG. Ceux-ci permettent d’analyser plus en profondeur les efforts d’une entreprise en matière sociale, environnementale ou de gouvernance. »

À titre d’exemple, un gestionnaire de portefeuille ESG ne va pas exclure automatiquement les obligations de Molson Coors simplement parce que la société vend de l’alcool. Il va plutôt mesurer l’influence qu’ont des critères ESG comme l’usage de l’eau et de l’énergie sur la qualité du crédit de l’entreprise, dit-elle.

« On peut se questionner par exemple sur les façons dont les dirigeants de l’entreprise comptent réduire la consommation d’eau et d’électricité. La réponse nous indiquera alors si l’entreprise investit dans l’avenir, si elle se trouve en avance à ce chapitre par rapport à son industrie, et si elle présente donc une meilleure occasion d’investissement que ses concurrents qui traînent de la patte en critères ESG », explique Amanda Mc Pherson.

L’experte met en garde contre le « haut degré de subjectivité » des fonds ISR. « Il n’existe aucune définition commune de l’ISR, et les critères dépendent souvent de la stratégie de produit du gestionnaire », dit-elle.

« Les critères ESG, en revanche, permettent d’identifier des entreprises qui sont dans le secteur pétrolier mais qui déploient de nouvelles technologies, promeuvent de meilleures pratiques et travaillent étroitement avec les communautés autochtones, ce qui en fait des occasions d’investissement intéressantes.

« Les obligations de East Tank Farm, par exemple, constituent un partenariat entre Suncor et des groupes autochtones qui bénéficie réellement à leur communauté », avance Amanda McPherson.

Selon elle, les critères ESG ont tant le vent en poupe qu’ils sont maintenant utilisés par deux tiers des gestionnaires de portefeuille dans au moins une portion de leurs mandats d’investissement.

« L’une des tendances ESG est l’investissement à retombées sociales, qui implique un objectif spécifique, comme les obligations vertes. On parle d’ailleurs d’actualiser les principes des obligations vertes dans un cadre purement canadien. L’Association canadienne de normalisation travaille actuellement à développer des définitions et structures appropriées à notre marché en matière de finance verte. D’autres législations l’ont déjà fait, comme l’Union européenne, le Japon et l’Australie, et ces efforts vont aider à faire croître le marché vert tout en combattant l’écoblanchiment, soit les affirmations commerciales trompeuses sur les avantages environnementaux d’un produit », pense l’experte.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.