Une femme devant un bureau avec un stylo. Des papiers sont devant elles, certains sont froissés. Elle semble soucieuse.
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Un rapport de la U.S. Financial Industry Regulatory Authority (FINRA) sonne l’alarme au sujet du très faible niveau de littératie des investisseurs américains.

FINRA Investor Education Foundation, la division de FINRA responsable de l’éducation des investisseurs, et le Centre d’excellence en littératie financière mondiale (GFLEC) de l’Université George Washington ont mené conjointement une recherche auprès de 15 000 investisseurs. À leur grand désarroi, ils ont constaté que ceux-ci avaient de grandes difficultés à répondre à des questions sur des concepts de base tels que la valorisation des actifs et la diversification des risques.

DÉPENDANTS DES EMPLOYEURS

Fait à noter, les investisseurs qui n’ont que des comptes d’investissement ouverts pour eux par leur employeur démontraient une connaissance plus faible que ceux qui détiennent aussi leurs propres comptes d’investissement. Parmi les gens qui investissent uniquement par l’entremise de leur employeur, seuls 32 % arrivent à répondre correctement à des questions sur des concepts financiers de base tels l’inflation ou la diversification, contre 44 % des investisseurs plus actifs.

Si environ 60 % des investisseurs qui détiennent des comptes privés peuvent répondre à une question sur la diversification des risques, c’est le cas de seulement 46 % de ceux qui investissent par le biais de leur employeur.

Le rapport révèle aussi que les femmes représentent 53 % des investisseurs qui comptent entièrement sur leur employeur et seulement 38 % des investisseurs qui détiennent des comptes privés.

BESOIN D’ÉDUCATION

Il s’agit d’un problème que nous ne pouvons glisser sous le tapis, selon Annamaria Lusardi, directrice académique de GFLEC. « Nos résultats indiquent un grand besoin de programmes ciblés d’éducation qui augmentent les connaissances financières, en particulier sur les lieux de travail, avance-t-elle, par voie de communiqué. Une éducation sur les lieux de travail pourrait aider les employés à prendre les décisions financières qu’ils ne peuvent éviter de prendre. »

Selon Gerri Walsh, président de la FINRA Foundation, c’est d’autant plus important que de moins en moins de travailleurs bénéficient d’un régime de pension à prestations déterminées. Leur épargne-retraite repose donc en plus grande partie sur leurs investissements personnels. À ce titre, quelques mauvaises décisions peuvent avoir des conséquences catastrophiques.

VULNÉRABLES AUX FRAUDES

Le faible niveau de littératie financière a été associé auparavant par FINRA à un risque plus élevé de se faire prendre dans une arnaque. En 2017, une étude publiée par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada soulignait le lien entre la littératie financière et le bien-être financier des retraités et pré-retraités. « Le fait d’accroître la confiance en soi en matière de finances et de mettre en pratique les conseils sur les produits financiers contribue à améliorer la probabilité d’obtenir des résultats positifs relativement au niveau de vie à la retraite et à la planification de la retraite, écrivaient les auteurs de l’étude. De la même façon, encourager de meilleures connaissances financières et le respect d’un budget sont deux facteurs qui favorisent la planification de la retraite. »

En 2015, une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) classait le Canada au troisième rang, parmi 29 pays, quant aux connaissances, attitudes et comportements des répondants en matière financière. Pourtant, cette enquête révélait que quatre Canadiens sur dix n’arrivaient pas à répondre à cinq des sept questions servant à évaluer leurs connaissances financières. Un résultat similaire à celui obtenu dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les capacités financières, qui comportait 14 questions.

Manifestement, il reste du travail à faire pour rehausser le niveau général des connaissances financières.