À l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires de Berkshire Hathaway, le milliardaire a notamment dit regretter d’être passé à côté de certaines bonnes affaires, rapporte l’agence Reuters.

L’événement, qui a attiré quelque 40 000 actionnaires de la société, s’est déroulé samedi à Omaha, dans l’État du Nebraska, au cœur du MidWest.

Devant leur auditoire, Warren Buffett, 86 ans, et son vice-président, Charlie Munger, 93 ans, ont abordé plusieurs thèmes et répondu à des dizaines de questions d’investisseurs, de journalistes et d’analystes financiers portant notamment sur les dividendes et les acquisitions du groupe, ainsi que sur les récents scandales dans l’industrie financière.

« PERSONNE NE POURRAIT REMPLACER AJIT JAIN »

Ainsi, l’« oracle d’Omaha » a sévèrement critiqué les dirigeants de Wells Fargo, qui ont couvert le scandale des comptes fictifs ouverts à l’insu de leurs titulaires par de nombreux employés de la banque, dont Berkshire Hathaway est le principal actionnaire avec 10 % du capital.

Interrogé sur son parcours depuis qu’il est en affaires, le plus célèbre investisseur de la planète a dit s’être trompé à plusieurs reprises dans ses prévisions concernant la rentabilité de certaines sociétés. Il a par exemple reconnu qu’il avait surévalué le potentiel d’IBM, dont il vient d’ailleurs de revendre un tiers de ses actions pour entrer dans le capital d’Apple (voir l’encadré). Il a également avoué ses regrets de ne pas avoir saisi d’emblée les perspectives qu’offraient des compagnies comme Google et Amazon.

En réponse à des questions concernant sa succession, le milliardaire a expliqué que, s’il devait disparaître ou ne plus être en mesure d’assumer ses fonctions, Berkshire était capable de se doter d’un nouveau PDG en 24 heures. Et même s’il n’a pas annoncé qui serait son successeur, il a fait un éloge appuyé du responsable de la branche assurances du groupe, Ajit Jain, considéré par certains analystes comme un possible successeur. « Personne ne pourrait (le) remplacer », a-t-il assuré.

« CAPABLE DE FAIRE UN ACQUISITION DE 150 G$ »

À propos du partenariat controversé de Berkshire avec la société brésilienne 3G Capital, avec laquelle la société de portefeuille contrôle Kraft Heinz, qu’elle a tenté de fusionner avec Unilever, Reuters indique que Warren Buffett a déclaré « ne pas apprécier la méthode de réduction des coûts qui fait la réputation de la société. Toutefois, il a ajouté qu’« il est absolument essentiel que l’Amérique devienne plus productive » et que la firme brésilienne est « très bonne pour rendre une affaire productive avec moins de gens ».

Berkshire a clôturé le premier trimestre avec plus de 96 milliards de dollars de liquidités et valeurs mobilières de placements. Selon Charlie Munger, le groupe serait aujourd’hui capable de faire une acquisition de « 150 milliards » sans aucun préavis.

Berkshire vend un tiers de sa participation dans IBM

Berkshire Hathaway a annoncé vendredi avoir cédé un tiers de sa participation (soit 81 millions de titres) dans le groupe informatique IBM actuellement en difficulté, rapporte l’Agence France-Presse. Celle-ci précise que les actions qui ont été revendues sont évaluées à quatre milliards de dollars au cours actuel de l’action IBM en Bourse.

« Je ne porte plus le même jugement sur IBM qu’il y a six ans lorsque j’avais commencé à en acheter les titres. J’ai révisé mon jugement à la baisse. (…) IBM est une grande entreprise solide mais elle a également des concurrents gros et solides », a justifié Warren Buffet dans une entrevue accordée à la chaîne d’informations financières américaine CNBC.

Le PDG de Berkshire avait acquis pour près de 11 milliards de dollars d’actions IBM en 2011, portant sa participation à 5,5 % dans le géant informatique établi dans l’État de New York. À la fin de l’année dernière, celle-ci atteignait quelque 13,5 milliards.