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Loin d’être une simple tendance, l’appétit des investisseurs pour des produits de plus en plus responsables envers l’environnement et l’éthique sociale force les entreprises à revoir leurs pratiques et, plus que jamais, à contribuer à la durabilité de la planète et au bien-être de tous. Morningstar fait un état des lieux dans un nouvel article.

Jon Hale, directeur de la recherche sur la durabilité à Morningstar, cite la multiplication des actifs investis dans des fonds durables américains, qui ont dépassé les 7 milliards de dollars américains.

Cette augmentation témoigne d’une prise de conscience générale qui, selon Jon Hale, a fait des deux phénomènes suivants des problèmes dominants : le changement climatique et la critique croissante du principe selon lequel l’actionnaire serait l’élément primordial de l’entreprise.

« Maintenant, de façon assez brutale, il semblerait que nous ayons atteint un seuil critique, explique-t-il. Dans le monde entier, les gens en viennent à réaliser que le changement climatique n’est pas un problème théorique qui peut faire du mal à un certain moment d’un futur éloigné; c’est une crise qui pèse sur nous en cet instant même. La marche inexorable d’événements climatiques extrêmes et inhabituels est directement ressentie par un nombre croissant d’entre nous. Cette année a commencé par l’incendie d’un continent entier. Parallèlement, le consensus scientifique continue de se constituer sur les causes de cette crise et les moyens de la combattre. »

Cette prise de conscience provoque différents niveaux d’action. D’un côté, il y a les investisseurs désirant comprendre ces phénomènes afin de mieux gérer les retombées sur leurs investissements. De l’autre côté se trouvent ceux qui participent activement à la « décarbonisation » de l’économie et de l’investissement en dirigeant leurs actifs vers des fonds responsables.

Ces différents mouvements ont d’ailleurs poussé plusieurs grandes entreprises à revoir leurs pratiques afin de se soumettre aux valeurs de leurs investisseurs. BlackRock, à titre d’exemple, a récemment annoncé qu’elle faisait de la durabilité le critère premier de ses investissements. Microsoft a promis un bilan carbone à 100 % négatif d’ici 2030 et de supprimer ses émissions de carbone historiques d’ici 2050 en plus de lancer un fonds d’innovation climatique d’un milliard de dollars.

En ce qui concerne les actionnaires et les entreprises, l’opinion générale veut que la concentration des efforts d’entreprises vers la satisfaction des actionnaires n’est pas bénéfique pour la société dont les autres parties prenantes – nommément les employés, les clients et la communauté – s’en retrouvent oubliés.

Airbnb a d’ailleurs déclaré son intention de se concentrer sur la valeur pour toutes les parties prenantes. L’entreprise a institué un comité ad hoc du conseil d’administration, et lié les salaires au succès d’ensemble.