Plateforme pétrolière.
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Face à une baisse de la demande et des prix, le secteur de l’énergie offre plus d’écueils que d’aubaines, selon Brian See, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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« Avec la demande à zéro et les inquiétudes liées au coronavirus, les entreprises du secteur vont devoir passer le reste de l’année à surveiller leurs liquidités. Elles doivent avoir suffisamment de fonds disponibles ou d’accès au crédit pour demeurer viables, protéger leurs états financiers et faire face aux prochains défis », dit-il.

« Leur autre problème est lié aux fermetures d’installations. Les producteurs doivent étudier divers scénarios pour déterminer lesquelles ne peuvent continuer d’opérer de façon économique. Cela est essentiel pour leur survie en tant qu’entreprises », poursuit l’expert.

Des réductions de coûts et de frais généraux, et même des baisses salariales doivent être envisagées pour « sauver chaque dollar », dit Brian See. C’est aussi un bon moment pour améliorer l’efficacité des opérations, non seulement pour survivre à la crise actuelle, mais aussi pour mieux profiter de la reprise, qui finira par venir.

« Les comportements d’aujourd’hui influenceront les résultats quand le cycle changera », croit-il.

DU CÔTÉ DES INVESTISSEMENTS

Le gestionnaire recommande de diriger ses actifs vers les sous-secteurs de l’énergie qui ont le plus de chance de survivre, soit principalement les fournisseurs de services publics et le secteur intermédiaire.

« Les consommateurs ont toujours besoin des services publics comme l’électricité ou le gaz naturel. Nous apprécions aussi les entreprises du secteur intermédiaire qui détiennent des actifs stratégiques et des contrats avec clause d’engagement d’achat ferme (take or pay), car elles continuent d’être payées même en temps de ralentissement », explique Brian See.

L’expert cite American Waterworks, qui distribue de l’eau et entretient des canalisations un peu partout aux États-Unis. Son modèle d’affaires offre de bonnes perspectives de croissance à long terme et craint peu la crise puisque la population a toujours besoin d’eau et doit payer ses factures. Il mentionne aussi la canadienne Northland Power, dans le domaine des éoliennes extracôtières, qui répond à un réel besoin des consommateurs et a ce qu’il faut pour traverser la crise, selon lui.

En revanche, mieux vaut éviter les entreprises du secteur de l’énergie qui n’ont pas les reins assez solides pour tenir plusieurs mois avant la reprise, prévient-il.

« Les entreprises à risque sont celles qui sont endettées avec des états financiers faibles, et qui sont entrées dans la période de ralentissement économique en opérant déjà à des niveaux peu élevés. Ce sont les plus susceptibles de ne pas tenir longtemps. Nous les évitons même quand les choses vont bien, par ailleurs », dit Brian See.

Celles qui sont bien positionnées pour survivre et profiter de la reprise sont en revanche d’excellentes occasions d’investissement, pense l’expert.

« Le pétrole demeure une matière première dont on aura besoin quand l’économie reviendra à la normale. Les gens vont continuer de conduire des véhicules et de monter dans des avions. C’est pourquoi nous apprécions les entreprises qui ont ce qu’il faut pour traverser le ralentissement et pour réaliser des profits quand le cycle changera. Cenovus Energy, par exemple, a suffisamment de liquidités et d’actifs à bas coût pour améliorer ses flux de liquidités lorsque la crise passera. »