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Même si les femmes savent qu’elles peuvent faire carrière dans le conseil financier, il est très peu probable qu’elles le fassent, selon un nouveau rapport de la société de conseil en services financiers StrategyMarketing.ca.

L’étude, qui repose en partie sur des entretiens avec 35 conseillères réalisés entre mai et juillet, a révélé que de nombreuses femmes n’envisagent pas de devenir conseillères au début de leur carrière.

Les conseillères ont d’abord été rebutées par des facteurs tels que la prédominance des hommes dans l’industrie, le potentiel de rémunération instable, ainsi que par leur perception que donner des conseils est principalement basée sur des calculs financiers, selon le rapport.

La plupart des femmes interrogées dans le cadre de ce rapport travaillaient dans le secteur du courtage bancaire (25,7 %), suivi par les courtiers indépendants (20 %) et les compagnies d’assurance (14,3 %). Plus d’un tiers (37,1 %) sont conseillères depuis plus de 15 ans.

Le rapport note qu’une autre enquête en ligne menée auprès de femmes récemment diplômées de l’enseignement supérieur présente d’autres résultats qui donnent à réfléchir.

Sur les 52 diplômées interrogées par Strategy Marketing en mai et juin, la grande majorité (82 %) connaissait l’existence du parcours professionnel de conseiller, mais seulement 36 % ont déclaré qu’elles envisageraient de faire carrière dans ce secteur. La raison principale étant le manque perçu de compétences requises pour le poste (44 %), mais d’autres avaient simplement une opinion négative du secteur.

Près d’un tiers (30,8 %) des répondants à l’enquête en ligne ont étudié la gestion d’entreprise, tandis que le reste a étudié les arts (17,3 %), les sciences (15,4 %) et le commerce (7,7 %), et 28,8 % ont choisi « Autre ».

Le rapport indique que les femmes sont confrontées à des problèmes « systémiques » dans le secteur du conseil financier.

« Si le secteur souhaite attirer et garder davantage de conseillères financières, il faut faire davantage en première ligne pour s’assurer que les femmes se sentent bien accueillies – car le faible nombre de conseillères est davantage lié à des préjugés sexistes archaïques qu’à un manque de talent ou de volonté de la part des femmes », indique le rapport.

Le secteur des services financiers essaie de s’améliorer, note toutefois ce dernier.

Les organisations « essaient très fort d’attirer plus » de femmes, selon le rapport. « Des efforts constants sont faits pour embaucher plus de femmes, y compris à des postes de direction », peut-on y lire.

Le rapport a suggéré aux entreprises d’améliorer leurs programmes et ressources internes, et de s’assurer que les directeurs de succursale soient sensibilisés et engagés lorsqu’il s’agit d’embaucher des femmes.

« Trop souvent, au niveau des succursales, les pratiques restent inefficaces : pratiques d’embauche dépassées, manque de soutien aux femmes dans la mise en place de pratiques efficaces et présence de mesures axées sur les hommes pour évaluer la réussite », précise le rapport.

L’embauche d’un plus grand nombre de femmes pourrait s’avérer très payante.

Le rapport note qu’une étude d’avril 2020 du Boston Consulting Group a indiqué que « les femmes devraient contrôler 93 000 milliards de dollars de richesse dans le monde et atteindre près de 40 % de toute la richesse en Amérique du Nord d’ici 2023 ».

Ainsi, si les investisseurs féminins préfèrent travailler avec des femmes, les entreprises pourraient avoir besoin d’un plus grand nombre de conseillères pour s’approprier une partie de cette richesse, ajoute le rapport.