Plateforme de forage en mer.
Photo : Warawoot Nanta / 123RF

Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont particulièrement critiques dans le secteur de l’énergie, comme l’explique Brian See, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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L’environnement fait référence à l’empreinte carbone des entreprises, à leurs émissions de gaz à effet de serre et à leurs effets sur le changement climatique.

Les critères sociaux ont trait à la santé et sécurité, aux droits humains et aux relations avec la collectivité. Quant à la gouvernance, elle se mesure par la rémunération des dirigeants, la composition des conseils d’administration et la diversité entre les sexes.

« Du point de vue environnemental, il faut distinguer le court et le long terme quand on observe le secteur de l’énergie. À court terme, les consommateurs consomment encore beaucoup de produits pétroliers ; on regarde surtout les initiatives des pétrolières pour réduire leur empreinte carbone. Par exemple, les sables bitumineux ont progressé depuis dix ans grâce à des avancées technologiques qui ont réduit leur incidence sur l’environnement », dit Brian See.

À long terme cependant, les sources d’énergie fossiles vont laisser de plus en plus de place aux renouvelables, croit l’expert.

« Le monde est appelé à se « décarboniser » et la dépendance aux sources d’énergie fossiles va être de moins en moins importante dans 15, 20 ou 25 ans. Les sources d’énergie renouvelables comme le solaire ou l’éolien vont prendre de plus grandes parts de marché. Leurs coûts ont baissé à des niveaux où elles sont devenues concurrentes des sources d’énergie fossiles, et les gouvernements de par le monde encouragent leur adoption », dit Brian See.

« Aujourd’hui, deux tiers de l’énergie consommée vient de sources fossiles, et un tiers de sources renouvelables, mais ces proportions devraient s’inverser d’ici 2050. Les critères ESG des pétrolières sont donc encourageants à long terme », poursuit-il.

Il donne pour exemple Royal Dutch Shell, Total et BP, qui ont investi dans les carburants au gaz naturel, les véhicules électriques et l’énergie solaire pour prendre part aux tendances à long terme du marché de l’énergie.

« Du point de vue social, la santé et la sécurité sont importantes dans le secteur, mais aussi les droits humains et les relations avec la collectivité. Lorsqu’on bâtit un pipeline par exemple, il est important pour les critères ESG d’une entreprise d’assurer la sûreté, la fiabilité et l’équité pour toutes les parties prenantes. C’est un élément clé de notre évaluation, car si les projets sont réalisés correctement et dans les temps, tout le monde en profite et pas juste l’entreprise », dit Brian See.

Côté gouvernance, l’expert s’attarde sur la rémunération et les incitatifs des dirigeants.

« Par le passé, ils étaient encouragés à augmenter la production et les réserves, et l’industrie dans son ensemble n’avait aucun rendement sur les capitaux investis. Les prix du pétrole augmentaient et les rendements n’étaient pas une priorité à ce moment. Mais lorsque les prix ont baissé, les entreprises ont révisé leurs structures de coûts et leurs régimes de rémunération. Les investisseurs ont fait pression pour que la rémunération suive des normes raisonnables, et que les dirigeants donnent des priorités favorables aux actionnaires telles que la trésorerie disponible, la réduction de la dette et le rachat d’actions. Cela profite à la performance des actions à long terme, et donc à tous les investisseurs. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.