Homme d'affaires dans un champ de blé, levant les bras vers le ciel.
Photo : gajus / 123RF

Les aléas de la Fed ont fait chuter plusieurs devises émergentes, créant ainsi des aubaines dans ces marchés, dit Michael Reynal, chef des investissements pour Sophus Capital.

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« Voilà un an, nous étions inquiets de voir la banque centrale américaine poursuivre ses hausses de taux en 2019 et 2020. Mais la situation s’est renversée, et elle ne devrait plus resserrer sa politique monétaire, mis à part peut-être une ou deux hausses dans la prochaine année », dit Michael Reynal.

Selon l’expert, les marchés émergents sont fortement influencés par la politique monétaire américaine, et l’inquiétude provoquée en 2018 par le resserrement monétaire de la Fed a fait chuter plusieurs devises dont le peso argentin (-50 %), la lire turque (-28 %), le rouble russe (-17 %), le réal brésilien (-14 %) et le rand sud-africain (-13,5 %). Ces pays fort endettés n’ont pas eu d’autre choix que de dévaluer leurs devises pour rééquilibrer leurs comptes courants et en capitaux.

« Mais leur dévaluation a aussi pour effet une hausse de compétitivité. Par exemple, les coûts ont baissé de moitié en Argentine. Ces pays ne seront pas les grands gagnants en 2019, mais offriront de belles perspectives dans l’environnement plus calme qui s’annonce dans les deux prochaines années », dit Michael Reynal.

« Nous voyons l’Afrique du Sud et le Brésil d’un œil plus favorable. Nous sommes inquiets pour la Turquie sur le plan politique, mais moins qu’avant du point de vue économique. L’Argentine reste à la merci de sa situation politique et nous l’évitons pour le moment, mais nous savons que ce marché offre de très gros rabais et nous attendons juste les signaux d’une stabilisation politique », énumère l’expert.

Parmi les pays les plus affectés par les perturbations de 2018, la Russie sort du lot, selon Michael Reynal.

« Les prix du pétrole ont remonté depuis la fin de l’année et la Russie demeure l’un des principaux exportateurs mondiaux. De plus, le rouble est très abordable et compétitif, et le gouvernement Poutine est très stable pour le meilleur et pour le pire. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.