Édifice de la banque RBC à Toronto.
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Cette année, les actions de la Banque Royale du Canada (RBC) ont cédé du terrain au profit de celles de la Banque Toronto-Dominion (TD), qui ont atteint un record mercredi dernier. Le rendement de TD a plus que doublé par rapport à son concurrent canadien, éliminant ainsi la prime dont bénéficiaient les actions de la RBC depuis plusieurs années.

« Il n’y a rien qui dise que les perspectives de la RBC sont maintenant ternies par rapport à celles de la TD. On dirait simplement que les préférences changent sur le marché », affirme John Aiken, analyste chez Barclays Plc, en entrevue avec le Financial Post.

La valorisation des actions de la RBC comportait une prime supérieure à celle des autres banques depuis novembre 2012 jusqu’au mois dernier. Au cours de la dernière année, les actions de TD ont bondi de 18 % alors que celles de la RBC n’ont progressé que de 7,1 %. En comparaison, l’indice des banques commerciales S&P/ TSX composé de huit sociétés a augmenté de 8,8 % au cours de la période. Le 17 juillet, la RBC a clôturé à 100,44 $ à Toronto, alors que Toronto-Dominion a atteint un record de 76,74 $.

« Notre solide performance reflète une stratégie cohérente axée sur le client. Nous continuons d’investir dans notre transformation pour offrir des résultats à nos clients », a déclaré la porte-parole de TD, Alison Ford.

UNE STRATÉGIE DIFFÉRENTE

« Ce ne sont que des investisseurs qui s’adressent à la TD pour sa plus grande exposition américaine », estime Steve Belisle, gestionnaire de portefeuille basé à Montréal à Gestion d’actifs Manuvie.

Les deux prêteurs canadiens ont des stratégies différentes aux États-Unis. La force de RBC réside dans sa division des marchés des capitaux basée à New York et dans une entreprise de gestion de patrimoine qui héberge City National, un prêteur privé et commercial surnommé la « banque des stars » d’Hollywood. TD parie davantage sur la banque de détail. En 2015, elle a dépensé 17 milliards de dollars pour se constituer un réseau de succursales allant du Maine à la Floride.

Selon John Aiken, analyste chez Barclays Plc, il n’est pas étonnant que les investisseurs pensent que la TD est un meilleur pari pour sa stratégie américaine, en particulier après la publication des résultats du mois dernier.

« Nous avons constaté une certaine vigueur dans les opérations de la TD aux États-Unis, ce qui suscitera toujours l’enthousiasme des gens. Le marché est d’avis que la croissance de la TD aux États-Unis devrait être plus forte que pour RBC », explique-t-il.

LA SITUATION AU CANADA

La RBC pourrait également être pénalisée au Canada. Il s’agit du plus important prêteur hypothécaire au pays, mais actuellement le marché de l’habitation ralentit et les consommateurs endettés tentent de réduire leurs emprunts.

De plus, TD a également volé la couronne de RBC en tant que plus grande banque au Canada du point de vue des actifs. La RBC est encore la plus grande de par sa valeur marchande, mais son avance diminue progressivement.