Photo : AndrewJohnson / istockphoto

La pandémie combinée à la chute des prix du pétrole maintiendra le dollar canadien autour de 70 cents américains selon Luc de la Durantaye, stratège en chef et chef des investissements à Gestion d’actifs CIBC.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Ces derniers mois, le marché des devises a été caractérisé par la force du dollar américain en raison de l’explosion de la pandémie au niveau mondial. L’important ralentissement économique a donné lieu à une ruée sur le billet vert de par le monde », dit Luc de la Durantaye.

Selon l’expert, les pays émergents ont particulièrement besoin d’accumuler cette devise car beaucoup exportent des matières premières dont les prix ont chuté, et manquent de fonds pour effectuer leurs remboursements de dettes en dollars. Faute d’en recevoir suffisamment de leurs clients étrangers, ils doivent s’en procurer sur le marché des devises.

« La Fed a mis en place certaines mesures pour atténuer la force du dollar, mais il demeure surévalué et il nous semble improbable qu’il monte encore beaucoup. On pourrait même voir une certaine correction par rapport aux autres devises », entrevoit Luc de la Durantaye.

Côté canadien, la situation est « plus complexe » selon lui, en raison de la forte sensibilité de notre économie aux prix du pétrole, qui se sont effondrés récemment.

« Cela a été un second choc pour la devise canadienne, car nous sommes de grands exportateurs et nos revenus ont chuté considérablement. Il y a aussi un aspect politique à cela : on parle d’un accord entre plusieurs pays pour réduire leur production mais cela va être insuffisant compte tenu de l’importante chute de la demande », dit l’expert lors de notre entrevue réalisée avant le 12 avril, quand l’Arabie saoudite, la Russie et d’autres pays ont convenu de réduire leur production de 9,7 millions de barils par jour. De fait, la demande a baissé de plus de 20 millions de baril par jour dans les derniers mois.

Les prix du pétrole devraient donc rester très bas pour un bon moment, emportant le huard avec eux, prévoit Luc de la Durantaye.

« Il faudra attendre une reprise économique au sortir de la pandémie avant de voir le dollar canadien. À court terme, il devrait se tenir dans une fourchette de 1,39 à 1,44 $ US. Il ne pourra reprendre que lorsque les prix du pétrole reviendront entre 30 et 35 $ US. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.