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Si la Fed et la Banque du Canada haussent encore leurs taux cette année, ce sera la dernière fois avant longtemps, croit Avery Shenfield, économiste en chef à la CIBC.

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« On s’inquiétait l’été dernier de voir les deux banques centrales exagérer la fréquence et la quantité de leurs hausses de taux. Mais il semble qu’elles ont reconnu la réalité du présent cycle économique : les économies américaine et canadienne n’affichent pas suffisamment de vigueur pour laisser penser qu’elles supporteraient des taux beaucoup plus élevés », dit Avery Shenfield.

Résultat : si on assiste encore à une hausse de taux d’ici la fin de l’année, ce sera la dernière du présent cycle économique, croit l’expert. Il s’attend à ce qu’en 2020, quand les effets de la réforme fiscale américaine se seront complètement estompés, la Fed entame un resserrement et procède même à une baisse d’un quart de pourcentage, pour empêcher une récession plus importante que prévu.

« Cela est reflété dans le profil aplati de la courbe de rendement. Ce n’est pas forcément le signe d’une récession prochaine, mais c’est un message des marchés qui ne voient pas la nécessité d’augmenter encore les taux. Il y a aussi un autre facteur, qui est la nouvelle normalité des taux à long terme. Elles sont désormais plus basses que dans les années 70 et 80 parce que les marchés ne craignent plus autant l’inflation, et n’ont plus besoin d’autant d’incitatifs pour placer l’argent à long terme », dit Avery Shenfield.

Voilà pourquoi, selon lui, la courbe de rendement ne devrait pas susciter d’alarmisme.

« Si elle prenait une pente très forte en même temps que surviendrait un ralentissement du marché de l’emploi, alors ce serait un signe de récession plus sûr que la pente seule. Or, on n’observe de tels signaux ni aux États-Unis ni au Canada. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.