Pistolet à essence devant des graphiques boursiers.
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La guerre commerciale sino-américaine n’aide en rien une situation déjà volatile, note Brian See, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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« Du côté de l’offre, la situation est plutôt positive. Les membres de l’OPEP se sont entendus pour continuer de plafonner leur production jusqu’au premier trimestre 2020, ce qui stabilise la moitié de la production mondiale pour les mois à venir. De plus, les exportations du Venezuela et de l’Iran continuent de décliner. La seule croissance que l’on a vue est celle du pétrole de schiste américain, à raison d’un million de barils supplémentaires par jour. Elle devrait encore se poursuivre, et on s’attend aussi à voir croître la production norvégienne et brésilienne, tout cela pour arriver à une hausse de l’offre de 1,5 million de barils par jour selon nos prévisions », dit Brian See.

C’est quand on se tourne vers la demande que la situation paraît plus incertaine, selon l’expert.

« La hausse de la demande repose entièrement sur la Chine, l’Inde et quelques marchés émergents de l’Asie. Elle devrait représenter un million de barils par jour en 2020. Il restera donc un surplus d’un demi-million de barils par jour. On espère voir les membres de l’OPEP réduire encore leur exportations mondiales ou même abaisser à nouveau leur production, afin de soutenir les prix du pétrole. La production américaine de pétrole de schiste pourrait aussi diminuer si l’industrie s’engage à des niveaux plus modérés de croissance et se concentre plutôt sur le retour de capital aux actionnaires, soit sous forme de rachats d’action, de dividendes ou de réduction de la dette », indique Brian See.

Mais la grande inconnue demeure la guerre commerciale sino-américaine, qui pourrait influencer la demande dans un sens comme dans l’autre d’ici l’année prochaine.

« Les tensions géopolitiques mondiales sont autant de parties en mouvement qui contribuent à l’incertitude autour du pétrole », dit l’expert.

Pour les investisseurs, c’est le moment de saisir des aubaines, mais aussi de réaliser quelques placements défensifs, selon Brian See.

« Les titres de l’énergie sont les plus abordables qu’ils ont été depuis 2015, lors de la chute des prix du pétrole. Beaucoup offrent donc des multiples et une valeur de liquidation attrayants. C’est l’occasion d’acheter des titres de qualité à bas prix, par exemple [les canadiens] Suncor Energy et Cenovus Energy. Mais en raison de la guerre commerciale, pour compenser la nature cyclique des producteurs d’énergie, nous consacrons une partie de notre portefeuille à des placements défensifs dans les pipelines et les infrastructures. C’est la façon la plus prudente de gérer un portefeuille d’énergie dans l’environnement actuel d’incertitude. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.