Une femme habillée en médecin étiquetant un tube à essai. Sur la table à côté d'elle on voit un microscope et des fioles.
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L’innovation avance à grands pas dans le secteur de la santé, rapporte Michal Marszal, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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Selon lui, le secteur se divise en deux grandes parties : l’une consacrée à la recherche de nouveaux soins thérapeutiques, et l’autre à la prestation de ces soins. Dans les deux cas, l’innovation est le moteur principal de croissance.

La recherche peut aussi être fragmentée en deux sous-secteurs, explique-t-il : d’un côté les instruments destinés aux sciences de la vie, et de l’autre les biotechnologies.

« Les instruments dédiés aux sciences de la vie englobent tout ce qui permet la recherche fondamentale, les essais cliniques, etc. On assiste actuellement à une accélération du progrès dans ce secteur, notamment au niveau des données génomiques [relatives à l’ADN et au génome], transcriptomiques [relatives à l’ARN messager] et protéomiques [relatives aux protéines des cellules], ce qui nous aide à bien mieux comprendre le fonctionnement des cellules, des organes, et des physiopathologies », dit Michal Marsal.

« Au fil des ans, on est passé de l’étude biologique des tissus du corps humain à l’analyse des caractéristiques de ses cellules individuelles. On essaie maintenant de relier toutes ces informations dans un contexte spatial, avec de nouvelles disciplines comme la génomique spatiale et la transcriptomique spatiale, qui font leur chemin de la recherche fondamentale à la recherche translationnelle pour enfin aboutir à des applications cliniques. Celles-ci incluent autant de nouvelles molécules que de nouveaux procédés diagnostiques et thérapeutiques », poursuit l’expert.

Du côté des biotechnologies, il voit se dessiner un virage vers la spécialisation des médicaments et la notion de médecine personnalisée, où on développe des médicaments non plus seulement destinés à traiter des maladies, mais à les traiter au sein de groupes spécifiques d’individus.

« Le secteur a énormément évolué dans les dernières décennies. On est passé du développement de petites molécules à faible spécificité, qui provoquaient beaucoup d’effets non désirés ou secondaires, à de petites molécules plus spécialisées et ciblées, puis à de grandes molécules comme les enzymes et les anticorps monoclonaux », explique Michal Marszal.

« Beaucoup de recherches cliniques en cours relèvent de la thérapie génique, incluant des insertions ou des modifications de gènes pour traiter des affections en oncologie, en immunologie, dans les neurosciences et dans les troubles génétiques orphelins. Et ces progrès ont beaucoup d’impact sur le degré de spécialisation tant en termes de pathophysiologies spécifiques que de méthodes de traitement », conclut-il au sujet des biotechnologies.

L’autre grand secteur de l’industrie, ce sont les prestations offertes aux patients, qui incluent toute la gestion des systèmes de santé.

« On assiste à une vague différente d’innovations dans ce secteur, et elle consiste à adapter les systèmes de santé aux réalités économiques d’aujourd’hui selon les régions du monde. Si on regarde le système américain, l’un des plus fragmentés de la planète, mais qui représente aussi la moitié de la demande de soins de santé, on observe une transition importante vers des soins centrés sur la valeur, basés sur la preuve, avec un équilibre entre les soins ambulatoires et hospitaliers », indique l’expert.

Tout cela est notamment possible grâce à un autre secteur nourri à l’innovation, celui des technologies de l’information, déclare Michal Marszal.

« On voit émerger la télémédecine et les prestations à distance, qui nécessitent une capacité croissante d’analyse de données pour arriver aux meilleurs résultats possibles. À travers toute l’industrie, on adopte de plus en plus de solutions innovantes qui visent à optimiser la prestation du juste soin au juste coût. »

Concrètement pour les investisseurs, cela veut dire qu’il faut dénicher l’innovation avant les autres participants du marché. L’expert cite comme exemple la société pharmaceutique japonaise Takeda, dont les projets en cours de développement sont sous-estimés par le marché.

« Nous nous concentrons sur les actifs de première qualité dans les catégories thérapeutiques les plus attrayantes. Il faut que leur démarche scientifique soit parfaitement validée par plusieurs sources. L’investissement dans ce secteur nécessite clairement une bonne gestion du risque, mais il offre des occasions nombreuses et variées. On peut par exemple sélectionner une catégorie thérapeutique particulière, puis un traitement spécifique, et une certaine phase de développement », explique Micha Marszal.

Un autre exemple : la firme danoise Ascendis, qui prépare une technique de « très, très haute qualité » pour rallonger les intervalles d’administration d’une variété de médicaments. Ou la société américaine Sarepta, qui mise sur la thérapie génique pour traiter un ensemble de troubles musculaires et en particulier la myopathie de Duchenne. Ou encore dans l’oncologie, les firmes américaines SpringWorks, Deciphera et Mersana qui développent actuellement des « catalyseurs de valeur très attrayants » selon lui.

Dans le cas du segment des prestations de soins de santé, Micha Marszal recommande de porter attention aux éléments fondamentaux à long terme, car « l’échelle est la clé ». Les sociétés les mieux positionnées du secteur, selon lui, sont par exemple la chaîne de pharmacies américaine CVS, dont le modèle d’affaires verticalement intégré est « à l’avant-garde d’innovation pour la prestation des soins de santé », ou encore l’américaine IQVIA qui mise sur son énorme capacité d’analyse des données pour appliquer l’apprentissage-machine à l’optimisation des études cliniques.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.