Le site oliverwyman.com reprenait récemment un article de Christian Edelmann et Patrick Hunt, publié fin octobre dans Harvard Business Review, qui décrit la révolution qui touche les banques d’investissement.

Les auteurs soulignent que la première étape de transformations majeures est à peine terminée qu’une seconde s’ouvre déjà.

Les premières transformations ont été l’effet direct des régulations adoptées dans la foulée de la crise financière de 2008. Les banques doivent désormais avoir une base de financement plus stable et conserver assez d’éléments d’actifs liquides pour survivre à une longue période de crise. Elles sont sujettes à des tests de stress plus rigoureux et doivent développer des plans clairs pour récupérer en cas de crise.

Au Royaume-Uni, les banques devront même séparer leurs activités d’investissement et de détail pour protéger les déposants.

REVENUS EN BAISSE

Conséquence de ces nouvelles règles, les revenus combinés sont en baisse de 25 %, soit l’équivalent de 70 milliards de dollars américains (89 G$ CAN).

Les banques investissent des sommes considérables dans leurs divisions de conformité, gestion des risques et finances. En moyenne, les banques d’investissements dépensent 300 000 dollars américains (381 237 $ CAN) par employé qui travaille avec des clients, aux ventes ou au trading. Il y a dix ans, c’était moins de 200 000 dollars.

Les revenus de divisions de conseil financier ou d’émission de dette ont augmenté de 25 % et représentent généralement un quart des revenus de l’industrie, alors que ceux des activités de prêts sont en baisse de 40 % depuis 2008.

Pour compenser les pertes de revenus, les dépenses sur les activités de « front office » ont été réduites de plus de 30 %, ce qui s’est traduit par de nombreux licenciements.

RÉVOLUTION TECHNO

Mais l’arrivée des nouvelles technologies et des fintech pousse maintenant une seconde révolution bancaire.

Les travailleurs spécialisés qui savent comment transformer ces technologies en nouveaux services aux consommateurs et en outils pour accélérer les prises de décisions deviennent aussi prisés, sinon plus, que les traders et les vendeurs.

L’automatisation de plusieurs tâches manuelles et procédés est déjà en cours, tout comme l’offre de services dans le nuage, l’amélioration de l’analyse des données et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour anticiper les besoins des clients.

Un écart risque de se creuser entre les banques qui ont les moyens financiers et la flexibilité structurelle pour innover et celles qui ne l’ont pas. Cette deuxième transformation risque d’être encore plus fondamentale que celle qu’ont provoqué les changements de réglementation. Les banques comme les clients devront s’adapter.

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