Les propriétaires de petites entreprises ont besoin de votre aide pour planifier leur relève. Voici un tour d’horizon des enjeux à considérer, avec Sean Foran, directeur exécutif, planification de la relève en entreprise, Gestion privée de patrimoine CIBC.

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« L’exercice du plan de relève sert avant tout à aider les propriétaires de PME à faire face aux enjeux, à les faire commencer à penser à leur entreprise isolément de leur famille », dit Sean Foran.

La planification se joue en deux étapes : l’évaluation objective des ressources en place, et la comparaison des choix possibles. « Ce travail fait de nous des catalyseurs de stabilité : celle de l’entreprise, celle du patrimoine familial du propriétaire, et celle du secteur des PME qui emploie beaucoup de Canadiens », dit Sean Foran.

« Aidez vos clients à évaluer leurs ressources sur une échelle de 0 à 5. D’abord sur le plan financier : les PME ont besoin d’investir constamment pour prospérer. Ensuite sur le plan des ressources humaines et en particulier de l’équipe de direction : la clé de la réussite d’une entreprise est sa capacité à s’adapter au changement, et elle a donc besoin d’un leadership fort qui peut motiver les employés. Enfin, sur le plan de l’implication du fondateur : sa motivation à se lever le matin pour faire croître son entreprise », énumère Sean Foran.

Si dans chacune de ces évaluations, la note est inférieure à 3,5, alors il faut se demander si certains changements s’imposent.

Vient ensuite la comparaison des choix possibles, dans deux catégories : conserver l’entreprise, ou la vendre.

« Il existe trois façons de conserver l’entreprise : préparer un autre actionnaire à prendre les rênes de l’entreprise, engager une équipe de direction externe, ou opter pour un modèle hybride où certains actionnaires travaillent dans l’entreprise et d’autres se contentent d’en détenir des parts. Ce dernier choix peut créer des conflits, mais il est possible de trouver des compromis pour satisfaire à la fois les besoins d’investissement de l’entreprise et les besoins de liquidités de la famille », explique Sean Foran.

« Il existe aussi trois façons de vendre l’entreprise : un rachat par les employés, l’acquisition par un concurrent qui a des capacités de gestion adéquates, ou la reprise par une société de capitaux privés », poursuit-il.

Chacun de ces choix a ses pours et ses contres, et c’est aux conseillers d’aider les propriétaires de PME à les considérer objectivement.

« C’est important de leur présenter ces choix de manière non biaisée, sans les pousser vers l’un plutôt qu’un autre », insiste M. Foran.

En matière d’échéancier, le plus tôt est le mieux pour entamer la planification de la relève, mais il faut au moins prévoir deux ans, ne serait-ce que du point de vue fiscal, pour profiter de certains avantages liés à la réorganisation des parts de l’entreprise.

Bien sûr, un conseiller seul risque fort d’y perdre son latin, d’où l’intérêt de faire appel à des collaborateurs spécialisés, conseille M. Foran.

« Il vous faudra un expert en relève pour identifier les enjeux, un autre en finances pour bien évaluer l’entreprise, et certainement des spécialistes de la fiscalité. Il vous faudra aussi inviter dans la discussion la famille et les employés clés, ceux en qui le dirigeant a confiance; non seulement ils ont souvent une vision plus claire de la réalité sur le terrain, mais c’est une erreur de ne pas les impliquer dans les réflexions sur l’avenir de l’entreprise. »