Si vous pensez que le bitcoin est avant tout utilisé pour des activités criminelles, détrompez-vous… d’ailleurs, criminel ou pas, on devrait se méfier de la valeur réelle de cette cryptomonnaie, selon ces experts.

Les transactions de nature criminelles ne représentent que 3 à 6 % des transactions en bitcoin. C’est que les criminels impliqués dans le trafic de drogue et d’armes, le blanchiment d’argent et le terrorisme n’apprécient guère cette monnaie, certes virtuelle, mais tout à fait traçable, indique le journal Les Échos.

Parmi les organisations terroristes, rares sont celles qui ont adopté le bitcoin, selon un rapport d’Europol publié en 2016. Et celles qui l’utilisent ont plutôt intérêt à le conserver pour le faire fructifier, plutôt que de l’utiliser dans des transactions.

Les cybercriminels seraient les plus à l’aise avec le bitcoin pour une bonne raison : ils sont capables d’utiliser des logiciels de brouillage. Ils empêchent ainsi les enquêteurs de remonter jusqu’à eux.

Et s’il fallait une autre raison pour dissuader les criminels de s’intéresser davantage au bitcoin, ce serait probablement la valeur réelle de la cryptomonnaie. « Le bitcoin ne vaut rien », affirme d’ailleurs Michael Malquarti, gérant de portefeuille pour la firme suisse Quaero Capital.

BITCOIN = ZÉRO

« Le bitcoin n’est en fait rien », assène ce spécialiste du système monétaire dans un billet d’opinion publié par le quotidien suisse Le Temps.

Habituellement, « à un facteur deux ou trois près, les professionnels de la finance s’accordent sur le « juste prix » de n’importe quel actif financier, observe le gérant de portefeuille diplômé en cosmologie et en mathématiques. Pour le bitcoin, il n’y a pas de consensus même à un facteur cent ou mille près. »

Pourtant, la valeur du bitcoin est passée de 8 000 $ à 18 000 $ au cours du dernier mois, avant de fléchir à l’annonce du piratage d’une plateforme d’échanges sud-coréenne. Or, la cryptomonnaie avait commencé l’année 2017 à un cours de 1 000 $…

UN COCKTAIL EXPLOSIF

Cette progression spectaculaire pousse M. Malquarti à interroger : « On a là l’élément parfait pour une bulle spéculative : aucun ancrage aussi faible soit-il avec une réalité concrète. Un, dix, mille, un milliard de dollars, comment savoir quel est le juste prix du bitcoin? Ne serait-ce pas en fait zéro? »

Et contrairement aux monnaies nationales, « le bitcoin quant à lui n’a pas et n’aura jamais cours légal », affirme Michael Malquarti, qui ne reconnaît au bitcoin qu’une seule réalité : celle d’être « seulement un cocktail, explosif s’entend ».

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