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Plus de la moitié des Canadiens de 55 ans et plus associent le fait de vivre plus longtemps à « des préoccupations croissantes » concernant les soins de santé qu’ils pourront ou non s’offrir, selon un rapport publié lundi par BMO Gestion de patrimoine.

Intitulé Vieillissement et économie : tout se bonifie avec l’âge, ce document d’une dizaine de pages montre en effet que, dans l’ensemble, leur préoccupation la plus fréquente concerne le coût futur des soins et les problèmes de santé qui pourraient avoir une incidence sur leur qualité de vie (51 %).

Viennent ensuite la peur de manquer d’argent à la retraite (47 %) et la crainte de devenir un fardeau pour les membres de la famille (40 %).

De même, la crainte d’être seul pendant leurs vieux jours préoccupe 20 % des répondants, tandis que celle de ne plus rien avoir à laisser à leurs proches est mentionnée par 14 % d’entre eux et qu’une proportion presque identique (13 %) redoute d’être victime d’abus, de négligence ou de fraude financière.

DIVERGENCES D’OPINION ENTRE CONJOINTS

Le sondage qui sert de base au rapport révèle également que plus de la moitié (59 %) des conjoints ont des divergences d’opinion quant à leurs objectifs financiers individuels et communs pour l’avenir. Le montant à mettre de côté pour l’avenir et le moment où commencer à épargner sont les sujets qui entraînent le plus souvent des frictions au sein du couple (22 % des répondants), et les hommes sont plus susceptibles de signaler une différence d’appréciation avec leur conjointe que le contraire.

Les autres enjeux qui reviennent le plus souvent sont les objectifs de retraite (20 %), la façon de distribuer les actifs et les biens personnels après le décès (16 %), le montant de l’héritage que les conjoints souhaitent laisser à leurs proches (13 %), les dons aux organismes de charité (12 %) et les décisions concernant le transfert d’une entreprise familiale (6 %). Au total, moins de la moitié des répondants (41 %) déclarent qu’il n’y a pas de divergences d’opinions majeures sur les questions financières au sein de leur couple.

Un autre problème auquel font face de nombreux couples de retraités concerne l’importance du soutien financier qu’ils peuvent apporter à leurs enfants adultes. Cette préoccupation, qui a une incidence directe sur leur situation financière à la retraite, est fréquente au pays puisqu’un Canadien sur trois âgé de 55 ans et plus désire soutenir financièrement ses enfants de son vivant plutôt que leur laisser un héritage (33 %).

Suivent des préoccupations concernant le niveau de vie du conjoint survivant (28 %) et la possibilité de maximiser la valeur de la succession laissée aux héritiers (15 %). La gestion des finances personnelles du conjoint survivant et de la famille est pour sa part mentionnée par 9 % des personnes interrogées, tandis que la gestion des finances quotidiennes à la retraite préoccupe 7 % des répondants.

« L’ÉDUCATION FINANCIÈRE EST LA CLÉ »

Enfin, les auteurs du rapport ont demandé aux 55 ans et plus de dresser la liste des enjeux les plus importants auxquels ils sont confrontés en matière de placements et de retraite. Les trois réponses qui sont revenues le plus fréquemment sont : le désir de maximiser le revenu de retraite (mentionné par 25 % des répondants), une préoccupation par rapport à la répercussion du coût des soins de longue durée sur les finances personnelles (23 %) ainsi que la crainte d’épuiser son épargne-retraite de son vivant (22 %).

À noter que parmi leurs autres préoccupations, les personnes interrogées ont évoqué des inquiétudes liées à une capacité physique ou intellectuelle réduite (13 %), la réduction de l’impôt sur l’épargne (8 %) et l’incertitude quant à savoir qui prendra les décisions financières après leur décès (7 %).

« Les facteurs qui peuvent avoir une incidence sur la retraite, la planification successorale et la capacité financière d’atteindre les objectifs personnels sont nombreux. Certains d’entre eux sont de nature personnelle, comme le montant que vous avez épargné, l’aide financière apportée à vos enfants adultes et les causes importantes pour vous. Mais d’autres facteurs, notamment les changements apportés aux règles fiscales et l’évolution de la situation économique, doivent aussi être pris en compte à mesure qu’ils surviennent, puisqu’ils ont une incidence sur vos plans de retraite », souligne BMO.

Cinq conseils de BMO pour les 55 ans et plus

Voici les cinq conseils que donne BMO pour « s’adapter à l’économie d’une société vieillissante » :

1. Se parler entre conjoints. Il est plus facile d’atteindre les objectifs de la vie lorsque les deux conjoints sont conscients de leurs différences d’opinions ou de leurs objectifs respectifs. Les compromis et la planification peuvent en effet les aider à mieux atteindre leurs objectifs financiers.

2. Aider ses enfants. Fournir un soutien financier à un enfant ou à un petit-enfant adulte est une décision qui devrait être envisagée dans un contexte plus large incluant des considérations de planification de la retraite et de succession, idéalement dans le cadre d’un plan de gestion de patrimoine complet. Il est important de connaître le montant dont un ménage peut disposer sans affecter ses objectifs financiers.

3. Se préparer à assumer les coûts des soins de santé. Les coûts des soins de santé peuvent avoir une incidence sur la capacité d’atteindre les objectifs de retraite, même si de nombreux frais médicaux sont couverts par les programmes provinciaux. Le coût des soins de longue durée peut aussi avoir un impact financier préjudiciable sur les plans de retraite et de succession. La solution? Établir un plan financier peut aider à anticiper ce genre d’imprévus.

4. Réduire ses impôts. Les impôts constituent un autre facteur important dans la planification de la retraite et la planification successorale. Le fractionnement du revenu de pension est l’un des moyens les plus efficaces de réduire la facture fiscale globale d’un ménage. Les couples peuvent tirer parti du taux d’imposition marginal plus bas de leur conjoint lorsque le revenu de retraite de l’un d’entre eux est beaucoup plus élevé que celui de l’autre.

5. Donner lorsque cela est possible. Les dons de bienfaisance sont importants pour de nombreux Canadiens et ils leur procurent d’importants avantages fiscaux grâce aux dons aux taux d’imposition marginaux les plus élevés.

Source : BMO.