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L’inflation représente-t-elle une menace suffisante pour envisager de reporter le départ à la retraite ? Non, car il y a plusieurs façons d’utiliser les actions pour mettre à l’abri l’épargne des clients, répond MoneySense.

Pour les futurs retraités préoccupés par les impacts de l’inflation sur leurs rendements, un portefeuille d’actions peut constituer une bonne couverture contre l’inflation, à condition de choisir les bonnes actions, selon Jonathan Chevreau, fondateur du Financial Independence Hub.

Comment choisir ces actions ? L’expert recommande de privilégier des actions d’entreprises dont les produits font l’objet d’une demande constante peu sensible aux aléas de l’économie et qui peuvent répercuter les coûts sur les consommateurs.

Pour renforcer un portefeuille d’actions en vue de la retraite, il mise sur l’apport de trois classes d’actifs :

  • les matières premières,
  • l’immobilier
  • et l’or.

Les augmentations de prix de matières premières ont peu d’incidence sur le montant de la consommation, note l’expert. Il ajoute que les fiducies de placement immobilier (FPI) sont un moyen facile et liquide d’ajouter des biens immobiliers à un portefeuille d’investissement pour le protéger de l’inflation. L’immobilier résidentiel devrait être priorisé, par rapport à l’immobilier commercial, estime-t-il, « car les gens auront toujours besoin de trouver un toit ».

ALLOCATION D’ACTIFS TRADITIONNELLE

L’allocation d’actifs traditionnelle permet de couvrir les différents scénarios d’inflation, de déflation, de prospérité et de dépression, signale MoneySense.

Cette allocation devrait contenir des actions pour assurer la prospérité, des obligations pour se prémunir contre la déflation, des liquidités pour faire face la récession et de l’or pour résister à l’inflation, dans une proportion de 25 % pour chaque catégorie, indique Jonathan Chevreau.

On pourrait également y ajouter de l’immobilier, par exemple via des fonds de placement immobilier, en adoptant une répartition de 20 % pour chacune des classes d’actifs.

Une autre option consiste à investir 10 % du portefeuille d’actions dans l’or (à la fois dans les fonds négociés en Bourse (FNB) de lingots d’or et dans les FNB d’actions de mines d’or), et les 10 % restant dans d’autres métaux précieux comme l’argent, le platine et le palladium.

Les investisseurs prêts à tolérer un niveau plus élevé de risque pourraient choisir de placer une partie des allocations de métaux précieux dans une position de 5 % en cryptomonnaies, note le spécialiste.

REVENUS FIXES

La plupart des retraités canadiens possèdent des actions canadiennes, qui comportent un nombre plus élevé de titres liés à l’énergie, aux mines et aux matières premières, signale l’auteur. Cependant, les actifs réels, comme la résidence principale, ne couvrent pas vraiment les revenus fixes.

Pour faire davantage place aux revenus fixes, les obligations à rendement réel, accessibles sous forme de FNB ou de fonds communs de placement – l’équivalent des Treasury Inflation-Protected Securities (TIPS) américains – sont traditionnellement la solution à l’inflation au Canada, selon l’expert de MoneySense.

RÉPARTITION DES PRODUITS

Une autre stratégie consiste à adopter une approche de répartition des produits. Cette démarche consiste à remplacer une partie du capital du régime enregistré d’épargne retraite (REER) ou du fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) du client par une allocation en rentes viagères, à hauteur de 30 % des fonds enregistrés.

En raison de la hausse des taux, les rentes deviennent plus attrayantes pour les acheteurs potentiels, car des taux plus élevés au moment de l’achat d’une rente entraîneront des paiements de rente plus élevés, signale MoneySense.

DÉCAISSER À LA RETRAITE

Les retraités se voient souvent conseiller de reporter le Régime de pensions du Canada RPC et la Sécurité de la vieillesse SV à 70 ans afin de recevoir des prestations mensuelles plus élevées.

Cette stratégie peut être valable pour les clients qui disposent d’un revenu suffisant provenant d’autres sources pour attendre jusqu’à 70 ans, mentionne Jonathan Chevreau. « Mais il ne faut pas oublier que plus la base de départ du RPC/SV est élevée, plus l’ajustement annuel à l’inflation de ces deux régimes sera conséquent », ajoute-t-il.  Un calcul s’impose pour savoir s’il est préférable pour le client de commencer à toucher le RPC et la SV à 70 ans. Une solution de compromis consiste à commencer l’un à 70 ans et l’autre avant. Dans le cas d’un couple, l’un des conjoints pourrait les prendre tous les deux plus tôt, tandis que le second pourrait attendre ses 70 ans pour les réclamer, suggère l’expert.

Une allocation d’actifs bien diversifiée, qui inclut des couvertures contre l’inflation, peut donc aider les clients à protéger leur bas de laine contre l’inflation en vue de la retraite. Les clients pourraient également envisager d’autres solutions, comme de continuer à générer un revenu de travail à la retraite en occupant un emploi à temps partiel.