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Plutôt que de débattre du rôle des robots-conseillers, mieux vaut tenter de voir comment ils peuvent contribuer à améliorer le monde de l’investissement actuel, affirme Matt Johnson dans les colonnes du quotidien suisse Le Temps.

Responsable de la distribution pour la zone EMEA (Europe Middle East & Africa) chez le fournisseur de fonds négociés en Bourse Source, ce spécialiste des nouvelles technologies rappelle d’emblée que le terme de « robot-conseiller » est impropre, puisque, « techniquement ils ne prodiguent pas de conseils ».

Par conséquent, il dit lui préférer celui de « robot », bien adapté « pour décrire des services de gestion de fortune en ligne qui fournissent une assistance de gestion de portefeuille purement automatisée à approche algorithmique ».

LES AVANTAGES DES MACHINES…

Les robots doivent être intègres, croit Matt Johnson, puisque le système d’élaboration d’un portefeuille automatisé à partir d’algorithmes est « théoriquement impartial ». Ils doivent aussi représenter une solution peu coûteuse. Les frais des fonds qu’ils utilisent s’élèvent « généralement entre 0,20 % et 0,25 % », en moyenne.

Résultat, en comptant aussi les frais de gestion annuels des automates, qui varient de 0,4 % à 0,6 %, « le coût total de leurs portefeuilles revient à bien moins de 1 % » et, comparativement à d’autres solutions de placement diversifiées et sous gestion, cette avenue demeure avantageuse pour le client.

Les gestionnaires de fonds ayant tendance à privilégier les portefeuilles actifs, le coût total annuel qu’ils prélèvent dans cette sphère peut s’élever à 2,5 %. Dans ces conditions, « devoir générer plus de performance pour compenser ces 1,5 % de frais annuels supplémentaires peut s’avérer difficile, particulièrement sur les marchés à faible croissance », rappelle Matt Johnson.

…ET LEURS INCONVÉNIENTS

« Le prix, c’est ce que vous payez, la valeur, ce que vous gagnez. » S’appuyant sur cette citation de Warren Buffett, le gestionnaire de patrimoine réitère que, « pour qu’un portefeuille robot délivre de la valeur, il faut le choisir selon sa performance ». Malheureusement, l’arrivée de ces entités remonte à environ cinq ans et on manque du recul nécessaire pour dresser un bilan de leur efficacité réelle.

Les robots sont aussi critiqués « en raison du décalage potentiel entre le portefeuille et le profil de risque de l’investisseur », ajoute le spécialiste. Si la probabilité que cela arrive « dépend de la fiabilité du système de profilage du robot », il est vrai que « certains sont plus sophistiqués que d’autres », observe-t-il.

Insistant sur le fait que les robots « ne fournissent pas réellement de conseils d’investissement », Matt Johnson croit que « le niveau d’explications données à l’investisseur concernant les risques encourus et les hypothèses émises joue également un rôle essentiel » dans la bonne gestion d’un portefeuille. Et dans cette optique, rien ne saurait remplacer « un entretien face à face avec un conseiller personnel », insiste-t-il.

UN MODÈLE QUI VA SE RÉPANDRE

Sa conclusion? Au cours des prochaines années, « il est possible que les conseillers financiers indépendants, les conseillers en retraite et d’autres intermédiaires aient recours aux outils en ligne de gestion de portefeuille pour proposer une solution à moindre coût qui corresponde aux résultats de leur propre profilage ».

Pour les intermédiaires qui font actuellement appel à des gestionnaires de fonds discrétionnaires afin de s’occuper des clients ayant des sommes importantes à placer, de tels services « pourraient présenter des avantages en matière de coût, d’efficacité et de contrôle », juge M. Johnson.