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Un grand nombre d’investisseurs, sortis financièrement indemnes de la pandémie, nourrissent désormais des attentes irréalistes en matière de rendement.

C’est comme une sorte d’euphorie qui s’empare des investisseurs au moment où la reprise économique occupe davantage les esprits que de possibles reconfinements.

Depuis la pandémie, les investisseurs se montrent à présent très gourmands en matière de rendement… probablement trop gourmands même, prévient Think Advisor.

Les investisseurs sont sortis plutôt indemnes de la pandémie, financièrement parlant, indique une enquête de Natixis portant sur 750 investisseurs américains disposant d’au moins 100 000 $ investis. En matière de sécurité financière, 79 % des investisseurs américains disent s’être sentis chanceux durant la pandémie, 76 % résilients et 70 % confiants.

PAS SI INDEMNES…

Mais malgré ces déclarations, la pandémie a laissé des traces sur les investisseurs. Pour certains, ces traces sont d’abord physiques, car les ménages qui ont contracté la Covid ont été plus touchés financièrement par l’impact de la pandémie que les ménages épargnés par la maladie à coronavirus.

Et si les investisseurs disent s’être plutôt bien tirés de la pandémie, l’impact de la crise économique a particulièrement touché les jeunes investisseurs. 28% des investisseurs de la génération X et 23 % de ceux de la génération Y ont déclaré que la pandémie leur avait causé un préjudice financier important, contre 11 % des baby-boomers.

PLUS GOURMANDS QU’AVANT

La pandémie aura aussi eu un effet assez surprenant : elle a accru l’écart entre les attentes de rendement des investisseurs (17,5%) et le rendement annuel moyen que les conseillers jugent réalistes (6,7%). Cette différence représente un écart de 161 % entre les attentes des investisseurs et celles des conseillers, alors que cet écart se limitait à 73 % en 2019.

Les investisseurs semblent croire que, puisque la pandémie n’a pas nui à leur portefeuille, celui-ci devrait encore mieux performer en période de relance économique. C’est comme s’ils basaient leurs attentes sur la seule expérience qu’ils viennent de vivre durant la pandémie, oubliant ce qui s’est passé auparavant.

Se sentant pousser des ailes, 60% des investisseurs se disent même prêts à prendre davantage de risques pour aller chercher ces rendements élevés. Pourtant, quand on les interroge sur leur attrait pour le risque comparativement à celle pour la sécurité, la réponse n’est pas aussi évidente. Ainsi, 77% d’entre eux disent qu’ils privilégient la protection de leurs actifs plutôt que la performance.

En matière de placement, leurs préoccupations immédiates résident essentiellement dans la volatilité, la lenteur de la reprise économique, l’inflation et les problèmes politiques. Mais malgré ces craintes, l’optimisme semble inarrêtable. Sauf peut-être par la réalité ?